L'Ost de Montjoie
Castello Aquitanorum

Construction d'un Donjon en Bois sur Motte



Objectifs du projet

L'Objectif principal de ce projet ambitieux est la construction d'un donjon en bois sur motte tel qu'il aurait pu être vu au début du XIIème siècle dans le grand sud ouest. En découlent quatre objectifs secondaires:

- 1 - Montrer l'origine des châteaux forts dans une région où l'architecture religieuse romane est très présente, mais les châteaux conservés plus tardifs ;
- 2 - Servir de vulgarisation scientifique à un ou plusieurs sites archéologiques régionaux locaux (Pineuilh, Baigneaux, Gradignan, Courlac, Montguyon, etc...) ;
- 3 - Servir de point d'origine pour la mise en place d'un archéosite comprenant des "bâtiments d'habitation" dans une basse-cour cernée d'une palissade en bois, et dans laquelle seraient présentés des métiers de l'artisanat local du XIIème siècle ;
- 4 - Cristalliser des rencontres européennes évoquant des événements historiques et rassemblant à cet effet des compagnies de reconstitution des (fin) XIe et XIIe siècle, triées pour la qualité de leur présentation.


Rappel historique


2 - Les mottes castrales

Au sortir de l'An Mil, le fractionnement du pouvoir central conduit  rapidement à l'émancipation des princes territoriaux, bientôt imités par les seigneurs locaux. Cette pulvérisation de l'autorité régalienne s’accompagne d'un phénomène d’encastellement (incastellamento) au plus bas niveau pour protéger son près carré. Les lieux stratégiques se voient alors dotés de fortifications. Certaines sont érigées à partir d'oppida ou d'accidents de terrains naturels préexistants, d'autres à partir de rien.
C’est cette dernière forme qui retiendra plus particulièrement notre attention.

Des études montrent qu'une motte de taille moyenne avec un fossé pouvait être érigée en deux à trois mois par une centaine de paysans. Cette levée de terre pouvait avoir une conception assez élaborée dans la succession des matériaux composant les strates.  Au dessus, on construisait une tour le plus souvent en bois. On accédait à la tour par une passerelle jetée par dessus un fossé le plus souvent mis en eau.
A proximité, en contrebas de la motte, dans le bayle, il y avait les logements du seigneur du lieu, souvent accompagnés d’une aula. Le tout était clos par une enceinte, certainement en bois. Par la suite, pour les plus importantes mottes, la présence de ces hommes d’arme à fixé des populations alentours cherchant refuge. Une seconde enceinte plus modeste délimitait parfois le bayle inférieur.

Ces mottes servirent parfois de base à la construction de donjons en pierre asse précocement. Néanmoins, les châteaux en bois perdurèrent, au moins dans la région jusqu’au XIIIe siècle.

3 L'agencement

Les textes anciens nous illustrent assez bien l’agencement d’une motte. En voici quelques uns qui nous permettront d’étayer une reconstruction.

"C’est l’habitude des hommes les plus riches et les plus nobles de la région (…) de faire en amoncelant de la terre, une motte aussi élevée qu’ils en sont capables ; de creuser tout autour une fosse (…) ; de fortifier cette motte (…) par une palissade de planches très solidement assemblées en guise de murailles ; de garnir le pourtour (…) de tours ; (…) au centre, d’édifier une maison ou plutôt une forteresse qui domine l’ensemble, et (dont la porte d’entrée) ne soit accessible que par un pont (qui enjambe le fossé)." Gauthier, Vie de Jean, évêque de Thérouanne (Pas-de-Calais), XIIe siècle. In Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle 3 CM, 1997.

"Arnould, seigneur d’Ardres, (…) fit construire une demeure de bois. (…) Au premier niveau, se trouvaient les celliers et les greniers. Au second niveau étaient les locaux d’habitation et c’est là que se retrouvait la maisonnée (…) ; puis venait la grande chambre où dormaient le sire et son épouse ; à côté de celle-ci, une pièce fermée servait de chambre, ou de dortoir, aux servantes et aux petits enfants. A ce niveau se trouvaient aussi, touchant la demeure, les bâtiments de la cuisine. Ils comprenaient deux niveaux. Au niveau inférieur étaient logés les porcs (…) et toute la volaille en état d’être tuée et mangée (…). A l’étage supérieur de la demeure, on avait installé des chambres (pour les fils et les filles du seigneur) ; ailleurs couchaient les guetteurs (…) et les gardes (…)." Lambert, curé d’Ardres, Histoire des comtes de Guines, XIIIe siècle. In Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle 3 CM, 1997, Le château d’Ardres (Pas-de-Calais) fut construit vers 1120.


Intérêt du projet

1 - Intérêt culturel et pédagogique
L'originalité de ce projet s'avère d'un intérêt culturel et pédagogique indéniable pour le Sud Ouest, dès l'élévation de la motte.
Montrant un habitat aristocratique d'un type peu connu, il permettra aux visiteurs d'effectuer une rapide mais néanmoins nette comparaison avec les autres édifices militaires et civils ou religieux de la région.

2 - Intérêt scientifique
Son implantation pourra servira de base visuelle aux étudiants des universités de Poitiers et de Bordeaux, et offrira des possibilités non négligeables en matière d'archéologie expérimentale, ainsi ue pour d'autre domaines de la Recherche Scientifique.

3 - Intérêt économique
Outre dynamiser le tourisme local sur le site d'implantation, le site devrait permettre à moyen terme l'emploi d'étudiants comme guide saisonniers, et à plus long terme, de saisonniers pour la maintenance et l'animation.


 

Un mot sur le montage

La simplicité de la conception ce modèle de tour en bois non habitable sinon par un corps de garde renforcera donc l’aspect visuel de la reconstitution d'une petite seigneurie foncière.
L'objectif recherché pour la tour est d'avoir un rendu visuel de l'édifice fini et non pas de faire un chantier de construction avec des méthodes historiques en bâtiment. Ces techniques historique locales en charpenterie seront plutôt réservées aux bâtisses du bayle, plus accessible de l'intérieur aux visiteurs.

La vitesse de montage de la tour s'effectuera bien entendu en fonction des aides obtenues bien qu'un montage en kits préfabriqués s'avère également historiquement possible pour un tel édifice.


1 - à court terme
A court terme, il y aura la construction de la motte de terre. Puis, la terre reposée et tassée, viendront les étages successifs de la tour en bois. S’inscrivant en amont des dates de la plupart des châteaux du Grand Sud Ouest, elle permettra de visualiser rapidement ce que pouvait être un tel édifice ancien et l’embryon d’un château fort.
La motte de 20m de diamètre environ au sommet et de 5 à 6m de haut sera entourée d’un fossé, possiblement rempli en eau suivant la configuration du terrain.
La tour, carrée, devrait conserver des dimensions modestes : 4m de côté et une hauteur de 4m au début (rez-de-chaussée aveugle + premier étage avec porte).

2 - à moyen terme
Les 3 étages successifs devraient porter le plancher de la terrasse à 7m20, et l'édifice principal à une hauteur avoisinant 9m.
Une enceinte clôturera le site castral. La porte pourra être surmontée ultérieurement par une petite tour-porte

3 - à long terme
Un toit pourra venir surmonter l’édifice.
Même si la tour, sa aula, et sa palissade se suffisent à eux même comme projet original dans la région, un développement ultérieur de ce site pourra conduire à la création d’un archéosite autour d'un petit village du XIIème siècle servant de base de vulgarisation scientifique à la vie d'une petite seigneurie du sud ouest, avec certes les hommes d’armes (milites) ) à pied et à cheval, mais aussi la basse cour (bayle), et même certains métiers anciens (promotion de savoir faire et des vieux métiers locaux).


Quelques unes des contraintes matérielles...

Outre les deniers nécessaires au financement, nerfs éternels de la guerre...

Le site qui s’inscrira impérativement dans la zone géographique composant l’Aquitanie du XIIe siècle devra se situera bien évidement en campagne, mais toutefois suffisamment proche de Bordeaux, métropole régionale vivier en touristes (vacanciers) et visiteurs potentiels (classes découvertes, enseignements primaires et secondaire, universités).
Les XIème et XIIème siècles étant éminemment ruraux, le site sera placé sur une aire dégagée en zone agricole ou entourée de zones boisées pour cacher d'éventuelles modernités proches.


Participation au projet et partenariat

Bien qu'initiatrice du projet, L'Ost de Montjoie/ Castello aquitanorum n'a pas vocation à rester seule partie prenante.
Quelque soit le site retenu parmis ceux envisagés, nous avons l’intention de sensibiliser le voisinage du site (en créant une association propre à l'archéosite sur la commune d'implantation), de même que la Municipalité, d'éventuelles communautés de communes, et le Conseil général correspondant au site d'implantation.
L'association ainsi créée sera ouverte en partenariat avec les institutions universitaires qui le souhaiteront, ainsi qu'à toute personne de bonne volonté intéressée pour aider et participer.
Nous escomptons enfin que le projet bénéficiera également d'une participation des pouvoirs publics sur une plus grande échelle: Conseil régionaux, voire de l'UE).
Des contacts s'avérants prometteurs ont d'ors et déjà été pris avec des institutions nationales et régionales...

Ce projet devrait apporter une contribution à la promotion du Grand Sud Ouest roman.


Bibliographie

Bibliographie à venir (en cours de traitement)...


Notre maquette à l'échelle 1/32



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