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| L'Ost
de Montjoie |
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Introduction
Nos
personnages
Les seigneureries
Quelques
particularités de l'Aquitaine au XIIe siècle
Carte
des Seigneuries
Lexique
Prénoms
Un
mot sur l'héraldique utilisée par nos personnages
Bibliographie
(non exhaustive)
| Afin de donner corps à nos recherches, et réaliser une dynamique de progression cohérente pour les costumes et les équipements à un niveau individuel aussi bien que commun, nous développons trois groupes différents, dont les ressortissants, personnages fictifs de notre création, vont interagir entre eux suivant les besoins du moment dans un campement que nous reconstituons. | ||
| Par
commodité, nous avons choisi de créer de toute pièce des
gens qui auraient pu exister et vivre au XIIe siècle en Aquitaine. |
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| En
effet: | ||
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| Cependant,
il est à notre sens plus cohérent de recréer des personnages
"écoles" vivant dans des seigneuries "types"
(si tant est qu'il y en a eu) en additionnant ensemble des tranches de
plusieurs vraies vies relevées dans des recueils, chartes, chroniques
et cartulaires, plutôt que de vouloir incarner des personnages ayant réellement
vécu, au risque de tronquer leurs vies et de les présenter totalement
à contre-pied de ce qu'ils auront été... souvent par manque
d'informations à notre disposition. | |
| Ici,
donc point de roi, ou de duc ni même de comte. Ces derniers sont présents
uniquement en arrière-plan dans nos propos pour re-situer nos personnages
dans un contexte historique, social, religieux et géopolitique. Notre personnage
le plus élevé est Uc, un seigneur possédant un titre familial
de comtors assorti de petites fonctions ecclésiastiques mais additionnées
d'une une mission de légat (ce qui n'est déjà pas si mal)...
Les autres sont d'obscurs petits nobilites, divites, mediocres,
milites, serfs, jongleurs, vilains, artisans, troubadours, religieux, laïcs...
Tous, hommes ou femmes à qui l'histoire n'aurait guère plus consacré
que quelques mots, voire quelques lignes dans un cartulaire s'ils avaient vécu. ************************
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| Placer
cette rubrique sur nos personnages dans celle de l'animation ou de la reconstitution
fut un choix difficile. |
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| Ils
représentent l’interface entre nos recherches et la façon
de les restituer autour de nous. ************************ Pour
argumenter la vie de ces personnages, une longue étude de tous ces cartulaires
aura été nécessaire. Philippe | ||
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ATTENTION |
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| Nos personnages | ||||||||||||
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Cachepur |
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Castelpeyrre |
les Stipendiaires et autres itinérants | |||||||||
| Hommes |
Femmes | Religieux |
Hommes | Femmes |
Religieux |
Hommes | Femmes |
Religieux | ||||
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| Sanche Galard |
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Brunissende |
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Envezat |
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| Amanieu | ||||||||||||
| Adémar | ||||||||||||
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| Nos
personnages vivent dans le Grand Sud Ouest et la vie que nous leur avons écrite
se veut représenter celles de quelques Aquitains. | ||
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| Ainsi un
simple sergent de la familia du duc des Aquitains était souvent
bien mieux équipé qu'un petit seigneur du fin fond du Périgord.
Cela vient du système seigneurial lui même: le seigneur équipe
directement ou indirectement ses vassaux. | |
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Par contre, les personnages censés être
de plus haut rang, dirigeant un domaine, ou dont on aurait parlé
dans l'histoire, ceux ci habitent un village, une seigneurie de notre invention.
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| Notre choix
nous permet au contraire de faire évoluer des "personnages école"
dans des "seigneuries école" matérialisée
par les endroits où nous nous trouvons et adaptables à leurs contraintes.
Ainsi, si Saintes, Agen, Basas sont évidement réels, ne cherchez
pas de seigneurie de Cachepur ni même une forêt de Combabreuilh, et
encore moins dans les chroniques un forestarius né à Vésonne
dénommé Ernauton, ni un Uc, comtor et seigneur d'une quelconque
seigneurie de Castelpeyrre... Ni eux, ni leur domaines n'ont jamais existé.
Seul certains des lieux de naissance de certains de ces personnages ont existé...,
comme vesunna, mais lorsqu' Ernauton y est né, il n'était
rien. | ||
| Groupe embryonnaire co-dirigé par deux milites d'origines très différentes cherchant tous deux à se fixer et suivi par des gens variés, nos stipendiaires forment un groupe hétérogène dont les personnages ont pour seul trait commun l'absence d'attache à long terme, et l'absence de revenus fonciers. | ||
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Il s'apparente à une "association de personnes" de
divers statuts sociaux menée par des soldats sans terre (non casati)
en quête d'un fief, ou voulant retrouver un honor perdu. |
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| Ne possédant aucune interaction avec
les autres seigneuries à titre collectif, chaque sans lieu possède
localement des attaches pouvant se révéler très fortes à
titre individuel. | |
| Composé de gens disparates, on trouve surtout
ici des personnages en marge n'ayant pas su trouver leur place dans l'ordre
établi du monde: Jeunes en quête d'un honor, nobiles
déchus avec parfois les milites qui les ont suivi, serfs en fuite,
anciens clercs défroqués, amuseurs et ménestrels partis à
l'aventure et cherchant à se faire une renommée, etc... | ||
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| A la famille dirigeante détentrice
du pouvoir banal, déjà déchirée par d'incessantes
querelles successorales, s'ajoutent des vassaux, vavassaux, barons et milites
de divers niveaux de l'aristocratie. Tous sont plus diversement liés par
convenientiae, ces contrats écrits si caractéristiques du
sud qui tiennent le haut du pavé face aux hommages du nord encore ici peu
usités. | |
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Pour ce faire, nous mettons en scène des
agents locaux de pouvoir et de justice seigneuriale. Ces derniers sont de simples
officiers détenteurs d'une charge concédée par leur autorité,
parfois devenus eux mêmes, à leur échelon, de véritable
petits seigneurs. Là encore, la comparaison entre Cachepur, nos deux autres
groupes et des exemples provenant d'autres régions de Gaule, met
en évidence certains particularismes locaux et des disparités pour
une même fonction. | ||
| En tant que seigneurie "défensive" sur laquelle se déroule notre action, Cachepur doit donc nous permettre de présenter des gens qui y vivent et y travaillent. Roturiers, vilains, rustres, homines naturales, pagesii, serfs, questaux, legii et colliberts, montrent (en concentré il est vrai) la complexité de la société du Sud Ouest d'alors. Nous tentons donc de développer ici certains aspects de la condition assez nébuleuse des laboratores (ceux qui travaillent) de cette époque que nous démêlons au travers du récit de leur vies, faisant des uns des serfs riches et puissants, ministériaux détenteurs d'une portion du ban seigneurial, d'autres des vilains autrefois libres et désormais enquestalés, d'autres des lides, d'autres des cul-verts, d'autres des vilains libres mais pauvres comme Job...etc... Tout un univers ô combien passionnant mais beaucoup plus complexe et moins noir qu'on a bien voulu nous le décrire dans nos vieux manuels d'Histoire, et qui fourmille de disparités locales à l'échelle du pays. |
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| Cette restitution là est difficile, car les nombreux cartulaires étudiés ne sont pas toujours prolixes de détails du quotidiens de personnes qui retenaient peu l'attention des chroniqueurs, du moins pas plus que le strict nécessaire, et les nombreux ouvrages de références dont nous nous sommes servis n'en disent pas vraiment beaucoup plus non plus. C'est donc par recoupements que nous avons dû oser une synthèse de tranches de vie. | ||
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| On ne saurait enfin
reconstituer le XIIe siècle en se passant de l'aspect religieux, omniprésent
alors. | |
| Cachepur, par des subtilités
familiales soutient la cause clunisienne, alors que sa rivale Castelpeyrre soutient
la pensée cistercienne, ce qui contribue à alimenter les dissensions
entre les deux seigneuries. | ||
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| Cette
châtellenie possède des vassaux, arrières-vassaux, milites,
ministériaux, nobiles, divites, mediocres, prêtres
et moines, vilains, rustres, hommes libres ou serfs attachés à des
terres parfois tenues en coseigneurie avec sa rivale justement. Comme sa rivale,
elle fédère des alleux, inféode dans sa clientèle
d'autres seigneuries de diverses puissances dont certaines s'avèrent quasiment
indépendantes, tandis que d'autres sont si pauvre que le maître ruiné
en est réduit à cultiver lui même sa terre. C'est la taille
de sa familia qui donne à Castelpeyrre ses revenus, donc son importance. |
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| Ici
aussi, quelques personnes et fonctions particulières sont mis en avant,
justement pour montrer au travers de leurs prérogatives dans la seigneurie,
une concordance déroutante avec celles de leurs homologues de la seigneurie
plus modeste. C'est le cas des officiers seigneuriaux par exemples. | |||
| A
ce titre, les soldats présentés ici sont des combattants de niveau
variable, certains étant equites, d'autres des pedites, d'autres
de simples clientes. Tous sont cependant des milites, soldats professionnels
ou semi professionnels s'acquittant de leurs obligations envers leurs seigneurs
contre un honor, une rente ou un revenu. Du fait de la richesse de Castelpeyrre,
les milites de son ost sont donc mieux équipés à fonctions
égales dans les armées en présence que leurs homologues des
deux autres groupes. Castelpeyrre nous permet de montrer des optimates
constituant une partie du ban seigneurial parti en expédition,
en chevauchée, suivis de leurs hommes. |
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| Ici
point de paysans armés devant accourir défendre le créneau
comme à Cachepur. Les rares civils présents représentent
des éléments de la cour seigneuriale en déplacement. | |||
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| Les liens avec l'Espagne du nord sont forts.
Situées entre l'Aquitaine, l'Aragon et la Navarre, les Pyrénées
sont alors appelées par l'antique nom de Port de Cize (Portus
Ciserae). Elles abritent des passages vers l'un des quatre haut lieux de pèlerinage
de la Chrétienté, Santiago de Compostella en lointaine Galice. | |||||
| Rappelons au passage
qu'en 1137, lors du mariage de l'héritière avec le jeune Louis,
cela fera trois siècle que les rois francs n'ont pas mis les pieds en bordelais.
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| 2 - Le foncier: | ||||||
| Mais alors que le nord est un pays de droit coutumier
(droit oral), l'Aquitaine (tout comme le Midi) est un pays de droit écrit
et nombre d'alliances perdurent encore au XIIe, non pas par les liens vassaliques
"classiques", mais par contrat (conventum) et conventions (convenientiae). |
| |||||
| Au cours du XIIe siècle, l'avancée en Poitou puis en Gascogne des usages féodaux classiques s'effectuera peu à peu au détriment des convenientiae pour s'y substituer au cours du siècle suivant.
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| II / LES HOMMES 1
- La chevalerie naissante: | ||||||
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| A la fin du XIe, peu de seigneurs
sont des milites (du moins ne se prévalent-ils pas du titre); à
l'inverse, nombre de guerriers professionnels sont qualifiés de milites
alors qu'ils n'appartiennent même pas à la petite aristocratie terrienne
(divites), et ne sont que de modeste naissance. Ainsi, si l'on voit apparaître
et se multiplier des nobles (genera nobile) se prévalant d'un titre
superlatif (illutrissimus vir, optimatibus, fortissimus), mais il est encore
rare au début du XIIe que la noblesse utilise le terme miles pour
se caractériser. | |||||
| La condition de chevalier,
étroitement associée au désir de paraître nécessitera
toujours plus de moyens financiers censés être procurés par
des revenus fonciers que ne peuvent avoir les anciens milites de basse
naissance. |
| |||||
| A noter que le terme de chevalier banneret (miles banerarius) ne nous est apparu qu'une seule fois avec aucune explication sur son sens exact dans tous les textes étudiés pour la façade ouest au XIIe siècle, alors que le terme semble devenir courant au siècle suivant. | ||||||
|
2 - Le cas des ministériaux, officiers et agents seigneuriaux: | ||||||
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| Beaucoup d'agents seigneuriaux
(mais pas tous loin de là) des pays de la façade atlantique sont
choisis parmi des paysans, sur le principe qu'il est plus facile de s'aliéner
quelqu'un à qui l'on a tout donné (et à qui l'on peut en
principe tout reprendre), que de tenter de canaliser un nobliau possédant
déjà des terres et pouvant s'avérer potentiellement trublion. | |||||
| Au début
du XIIe siècle, la plupart des milites n'ont aucun revenu foncier
et sont à demeure chez leur seigneur. Ils constituent les milites
castri de sa familia en formant une sorte de "meute" autour
de lui. Certains de ces milites castri sont des officiers élevés
dans la hiérarchie, pouvant ponctuellement ou durablement assumer tout
ou partie des prérogatives seigneuriales selon la nécessité. |
| |||||
| Agents théoriquement révocables,
ils assurent donc avec zèle diverses charges qui leur procurent en contrepartie
des revenus selon une proportion établie au préalable. | ||||||
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| S'il arrive
encore de trouver de tels personnages au cours du XIIe siècle, leurs héritiers
sont fréquemment désormais chasés par hérédité. | |||||
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2 -1 - Les agents seigneuriaux supérieurs: | ||||||
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| Dès la fin du XIe siècle, les
vicomtes appartiennent à une ancienne famille d'agents. La fonction tend
à être remplacée par des agents non nobles (exemple des baillis
en Normandie remplaçant les vicomtes à compter de la fin du XIe
siècle jusqu'au règne d'Henri II). Cependant, si on ne nomme
plus de vicomtes, on ne les révoque pas non plus et les deux types d'agents
peuvent cohabiter dans des circonscriptions limitrophes. Le titre se pare alors
d'un prestige nobiliaire. | |||||
| Par contre, quand viguier et prévôts
cohabitent, il semblerait que les premiers soient subordonnés aux seconds. | ||||||
| b - Les forestiers: Ils correspondent à une fonction particulière de viguerie attachée aux espaces boisés et forestiers dont ils détiennent la foresta. | ||||||
| c - Les avoués
et vidames: | ||||||
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Comme leurs homologues laïcs, ces seigneurs possèdent
des hommes fidèles (homines fidelitates) liés par
convenientiae, ou des vassaux tenus par hommage et des services féodaux.
Enfin, les vilains qui vivent sur leur terre leur doivent le même service
et les mêmes corvées que s'il dépendaient d'un seigneur laïc.
Ils possèdent également des serfs bien que la Réforme Grégorienne
tende à pousser les communautés religieuses à les affranchir.
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| - L'un
d'eux réside en l'existence de protecteurs. | ||||||
| L'administrateur
des abbayes est en général un avoué (advocatus), celui
d'un ecclésiastique du siècle (évêque, ...), ou d'un
collège cathédrale est plutôt appelé vidame (vindamus)
ou vicaire (vicarius). Dans tous les cas, la fonction demeure sensiblement
la même. On note cependant pour les abbayes la possible "mutation"
(au sens fonctionnariat) d'une abbaye à une filiale, bien
qu'à compter de la fin du XIe siècle, les charges de vidame ou d'avoué
tendent comme partout à se transformer en fiefs, puis en fiefs héréditaire
sous l'impulsion de leur détenteurs. |
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| e - Le messager (nuntius)
collecte en général les revenus des coutûmes.
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2-2 -Quelques agents subalternes: Bayles, voyers,
messagers, messeguers, dîmiers, péagiers, tonloyers, venators... | ||||||
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| Voulant
assurer la plénitude et la continuité de leur pouvoir jusqu'au plus
bas niveau, ils se mettent à en désigner des représentants
de regroupements de feux. Les chefs des communautés villageoises,
appelés alors bayles, juges ou maires suivant l'endroit, sont fréquement
d'anciens serfs à qui l'on a confié une parcelle du pouvoir seigneurial
pour diriger (basse justice) et servir de délégués
du village auprès des envoyés du seigneur. | |||||
| L'usurpation
de ces prérogatives est fréquente mais sujette à la discrétion
de leurs maîtres. Certains répriment violemment toutes velléités
d'émancipation, d'autres ferment les yeux et ce faisant, favorisent l'émergence
de nouveaux petits chefs locaux, parfois même en leur baillant leur charge
à fief. |
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| d -
Les dîmiers sont théoriquement des agents au service d'ecclésiastiques,
mais il se trouve qu'en inféodant certaines dîmes, les seigneurs
laïcs éprouvent aussi parfois la nécessité de posséder
de tels agents. | |||||
| 3- Un mot sur les stipendiaires: | ||||||
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| Afin de contourner cela, mais
aussi et surtout afin d'éviter le morcellement des domaines (théorie
de l'indivision), princes et seigneurs de tous niveaux prennent de plus en
plus l'habitude de léguer la totalité de leur héritage à
un seul de leurs enfants, mâle de préférence, en général
le premier né, lésant de ce fait les cadets. Il arrive toutefois
que les suivants héritent néanmoins du fief (droit de juvenieur).
A noter que dans cette optique patrilinéaire, les filles, même aînées,
ne sont pas prioritaires à la tête du fief s'il demeure un seul fils
pouvant hériter. | |||||
| Le nouvel idéal de transmission du patrimoine conduit bien des pères à chasser des fils trop gourmands et avides de devenir propriétaires à leur tour. Nombre de cadets de famille qui n'avaient pas d'autre espoir que celui de servir leur père ou un frère sont ainsi jetés bon grès mal grès sur les routes. Ils partent sitôt adoubés avec les autres juvenes de leur "promotion" dans l'espoir de faire fortune, d'acquérir une charge héréditaire, ou mieux encore, de rencontrer une jeune veuve ou une riche héritière, beau parti avec laquelle ils pourront se marier et accéder grâce à un honor à un statut social plus élevé (mesmariage). | ||||||
| Ces jeunes suivent un "leader"
qui leur tient lieu de capitaine naturel, de "seigneur
nomade". Il s'agit généralement
du fils héritier de leur seigneur naturel qui se trouve dans le même
cas qu'eux, ayant été lui aussi temporairement rejeté par
un père peu désireux d'avoir à ses côté un jeune
loup aux dents longues. |
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| b -
Les charges seigneuriales tendent désormais à devenir de plus en
plus héréditaires et tenues en fief comme des biens propres. Au
cours du XIIe siècle, les devoirs vassaliques sont peu à peu esquivés
par les feudataires qui traînent des pieds pour assurer leurs devoirs envers
leur seigneur, entraînant dans leur inertie leurs propres hommes
suivant l'adage stipulant que "l'homme de mon homme n'est pas mon homme".
Ceux qui en ont les moyens s'offrent alors à la place les services de chevaliers
mercenaires. Ces derniers leurs sont d'ailleurs souvent largement plus fidèles
et plus constants dans la durée que ces chevaliers chasés qui s'en
retournaient sur leur terres une fois leurs temps effectué. Certains même
resteront au service du même "employeur" toute leur vie durant,
entrant dans la catégories des milites castri avant de se voir eux
même délivrer une charge qu'il parviendront peut être à
leur tour à tenir en fief. | ||||||
|
| Au cours
du XIIe siècle, On verra apparaître peu à peu dans le Sud
Ouest de véritables petites troupes de sans lieux et de truands
regroupés en bandes de stipendiaires parfois agglutinées dans le
sillage de chevaliers non casati ayant pour certains bourlingués
dans l'Europe entière. | |||||
| Désoeuvrées,
celles-ci se morcellent alors en bandes plus ou moins importantes et se mettent
à ravager la région, passant d'un maître à un autre
ou pillant pour leur propre compte (comme les paillers du limousins) et
l'on voit se former des confrérie locales (comme les paciferes limousins)
pour combattre ce fléau. | ||||||
| 4 - Ceux qui travaillent, les laboratores... | ||||||
| Qualifiés
d'Inermes par les clercs, les paysans sont de conditions variables, parfois
difficilement discernables entre elles. Serfs et hommes libres en composent la
plus grande part. Or, certains serfs sont relativement libres de leur actes alors
que certains vilains, pourtant considérés comme libres, possèdent
paradoxalement moins de possibilités d'action au quotidien. La frontière
entre vilani et rustici est donc ténue, variable suivant
l'endroit et fonction souvent de la terre d'habitation (tenure ingénuile
– tenure servile). |
| |||||
|
| Beaucoup
plus perméable que la servitude personnelle, elle "permet"
des arrangements parfois paradoxalement profitables. Certains deviennent donc
volontairement serfs en acquiérant une terre servile, et se sortent de
cet état en la revendant. | |||||
| Si à l'époque carolingienne, le serf ne devait pas le service d'ost, il semblerait ici que serfs et paysans libres doivent s'acquitter d'un service armé de renfort selon des conventions variables en cas d'attaque de la seigneurie. | ||||||
| c
- Entre les deux conditions précedentes existent quelques affranchis,
ou lides. En Gascogne, ils sont appelés legii. |
| |||||
| Quoi qu'il
en soit, collibert donnera cul-vert, terme considéré comme
une grave insulte pouvant être lancée contre un chevalier, à
une époque où bon nombre encore ne sont pas si éloignés
que cela de leurs origines paysannes (cf. chanson de Rolan, LX 765). | ||||||
|
III / L'EGLISE | ||||||
| Craignant
l'éloignement du dogme de la droite ligne au profit de déviances
et autres interprétations locales dans certains coins reculés, et
de voir ainsi son autorité s'évanouir au profit de l'autorité
seigneuriale voisine, la papauté impose de nommer elle même ses religieux
séculiers par le truchement des évêques, nommés eux
mêmes par la seule papauté. |
| |||||
| 2 -
Les seigneurs ecclésiastiques | ||||||
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| Par ailleurs,
un ecclésiastique ordonné est en théorie écarté
des partages successoriaux familiaux; mais s'il est seul héritiers, ses
biens reviennent alors à l'Eglise. Cependant, lorsque l'héritage
survient avant l'ordonnation, le clerc peut revenir dans le siècle et prendre
possession de son bien, mais rares sont ceux qui quittent leur position privilégiée.
Leur nommination se produisant le plus souvent dans leur région d'origine,
les interressés en viennent donc à mélanger les biens de
l'Eglise avec ceux reçus en héritage. | |||||
| Comme tout seigneur, ils
peuvent donc juger les laïcs qui vivent sur leur domaines et dépendent
d'eux. Mais en plus, ils peuvent aussi juger les clercs qui normalement sont soustraits
de la juridiction séculière (soustraits en théorie,
car là encore, le XIe et le XIIe siècle verront très fréquemment
se produire des abus de la part de seigneurs laïcs, abus combattus justement
par la réforme grégorienne)... | ||||||
| 3 - Les ordres religieux. |
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| 4 -
Les ordres religieux militaires et les croisades | ||||||
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| Depuis la fin du XIe
siècle avec la Reconquista et surtout les Croisades au Levant, l'Eglise
canalise à son profit la violence naturelle de la chevalerie, l'adjurant
à quitter la malitia pour la militia (cf. St Bernard). | |||||
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IIII / LES TAXES ET REDEVANCES | ||||||
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Bien évidement, tout n'était pas dû
par tout le monde et le paysan ne s'acquittait que de ce qui le concernait (le
moutonnage s'il avait de moutons, la glandée s'il récupérait
des glands, le pacage s'il faisait paître son bétail, etc...), et
seules quelques redevances s'appliquaient à la majorité des habitants
(le quart, les corvées, ...). Les taxes étaient souvent laissée
à l'apréciation des petits officiers seigneuriaux chargés
de les collecter, avec les abus qu'on peut imaginer. |
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|
Philippe | ||||||
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