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RIXENDE

filha ancilla,
ventatora,
cotharellia
.


Rixende (Rixendis) est une serve, fille d'un colibert (colibertus) et d'une serve (ancilla) appartenant à un petit seigneur (seihnor) arrière vassal (vavassor) des Castelpeyrre et voisin de Cachepur. Vivant elle aussi dans le mas dous Taous de Sauros, elle était promise à Hugo (Hugonis) depuis longtemps et les deux familles avaient économisé pour s'acquitter du formariage qui leur était demandé.
Mais le bayle (bajulus, judex), ancien serf parvenu au demeurant fourbe et mauvais, tendit un piège à Hugo qu'il jalousait pour maintes choses, et ce dernier fut vendu à une autre seigneurie.

Filha questa, elle n'avait pas le droit de quitter sa terre suivre son promis sans l'accord de son seigneur. Elle tenta de lui demander justice, mais ce dernier, peu enclin à voir partir des rustici (homines et feminas de poeste) et des naturels (homines naturales) pouvant lui rapporter en travail et en deniers, ni même seulement à se pencher sur leurs tracas, la fit recevoir par son prévôt (preivert) qui s'en tint au conseil du bayle du village...

Rixende voulu alors entrer comme moniale (monialis) dans un monastère (monasterium) voisin, mais le bayle (baiulus, bajulus) en apprenant cela entra dans une rage folle et la fit surveiller le jour et enfermer la nuit pour l'en empêcher, menaçant de s'en prendre à sa famille.
Apprenant l'évasion de Hugo, elle fit alors voeu d'attendre son retour, et en dépit de l'empressement du bayle, elle réussit à tenir son engagement en grande partie grâce à l'appui d'une parentèle (parentela) assez nombreuse et influente dans le mas pour lui garantir un rempart contre les abus dont elle aurait pu faire l'objet...


Un porcher (porcarius, porcherius) du village (villula) vint un beau jour lui rapporter en secret la présence de son promis en lisière des bois (bosci, nemi). Prétextant qu'elle allait cueillir des raves, elle réussit à déjouer la surveillance des gardes (custodes) chargés par le bayle de la surveiller, et abandonna son pagus pour suivre Hugo dans son exil.

Ensemble, ils vécurent une vie de sans lieux, survivant au début en essayant de se faire payer comme journaliers (homines acasalads), laboureurs (fudidores) pour faire les sillons (arare), ou podidores pour retailler les vignes (vineas) nombreuses dans la région.

Souvent ils ne trouvaient rien car ils étaient étrangers (estranh) et on se méfiait d'eux... aussi devaient-ils se nourrir de ce qu'ils pouvaient dérober sur les récoltes, malgré la surveillance des messeguers (messegarii) de faction...

Ils purent alors gagner quelques deniers en se faisant par moment vanniers (ventatores), parfois colporteurs (collerii). Ils s'essayèrent à être jongleurs (joglars, joculares), amusant les badauds par des histoires et des mélodies de leurs pays (pagus).


Mais c'est lorsqu'ils entreprirent d'escorter des groupes de pèlerins et qu'ils réussirent à participer à l'escorte (commitatus) de quelques convoi de marchands (mercatores) trop peu fortunés pour se payer les services de cavaiers stipendiaires (cabalarii stipendiarii) pourtant mieux équipés, que leur vie prit un autre tournant.

C'est à ce moment en effet qu'ils rencontrèrent une bande (benda) composée d'un petit groupe de cottereaux (cotharelli) qui sévissait dans la région, et qui semblaient jouer aussi bien de la vielle (viehla) que du coutel.

Rixende réussit à convaincre Hugo de se joindre à eux, ce qui leur apporta une relative sécurité et mit alors sa connaissance des simples (simplex) au service des routiers (bosclos) de la petite troupe.

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