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HUGO L'ARATGE |
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Pagesius, |
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Peu de temps après, un vol fut commis de
nuit au moulin (molendinarius) banal alors qu' Hugo était
de guet. Des membres de la famille du bayle (bajulus,
judex) s'empressèrent bien vite d'y associer le nom de
Hugo et de colporter leur point de vue... Vérité ou
mensonge, nul ne le sait. Mais la rumeur permit au bayle,
d'arrêter Hugo et de le déférer au prévôt
(preveire) de son seigneur, en lui suggérant le
pendre pour ce crime. Mais le prévôt ne fut pas
convaincu que le larcin méritait la corde, d'autant que la
main d'oeuvre était trop précieuse pour être
ainsi gâchée. Aussi, décida-t-on se
débarrasser de lui tout en réalisant un profit. Il
ordonna donc au bayle de l'inclure comme paiement
complémentaire dans une transaction concernant un achat de
sel, et qui devait se dérouler sous peu. |
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On murmura en chemin qu'il devrait habiter un
artigue (artigua, exartus) de la châtellenie de
Cachepur, plus précisément vers la seigneurie de
Combabreuihl (senhoria de Comba brolium) dont le châtelain
en place (castelanus, custos castri) souhaitait développer
la colonisation. Il serait alors certainement placé à
Saint Méard, un village dirigé par un maire
(bajulus, judex) tyrannique répondant au nom de
Richard le Maupenchenat aussi on lui conseilla d'oublier à
jamais Rixende, car ce dernier avait tendance à surtaxer à
son profit le formariage requis par les coutumes (consuetudines),
et souvent à s'octroyer les puceles... |
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Avec les semaines, ses poursuivants finirent rapidement par abandonner la chasse et levèrent le camp, car malgré les injonctions et les menaces à l'encontre des moines pour le récupérer, ils ne pouvaient rien contre une Sauveté confirmée plusieurs fois par le Duc lui même. Hugo resta un temps à l'abri et travailla dur pour la communauté religieuse qui l'avait recueilli, jusqu'au jour où il décida enfin de partir. Le pari était osé car s'il l'apprenait, le châtelain de Combabreuilh pouvait faire valoir le droit de suite (servis fugitivis) qui lui avait été cédé avec sa foresta, le faire quester s'il trouvait refuge chez d'autres seigneurs, et de le faire ramener morts ou vif. Mais Hugo n'était qu'un serf (rusticus) parmi les autres et ne représentait rien de plus. Il sût qu'il devrait seulement éviter Combabreuihl et son ancien village pour ne plus rien risquer... Il prit congés des moines (monachi), passa convaincre Rixende de le suivre, et pût s'enfuir au loin, pensant laisser cette région pour toujours. |
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Ainsi Hugo commença-t-il une vie de sans lieux,
cachant sa naissance servile en se faisant passer pour roturier
ou vilain (villanus), faisant cents métiers, tantôt
journaliers, tantôt bouviers (bovier), tantôt
manoeuvre, tantôt conduisant des chariots, tantôt
escortant des marchands, tantôt colporteur (collerius)
tantôt s'essayant lui aussi à jongler en
s'adonnant également à la musique, tantôt
escortant des moines ou un marchand se rendant à la
foire... |
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Il fraternisèrent rapidement et décidèrent
d'effectuer un bout de route ensemble. Avec le temps, Hugo
s'affirma et devint soudadier à part entière.
Il s'acquitta de sa tâche avec fidélité
envers ses nouveaux compagnons et fut reconnu comme solide
guerroyeur (acertuc guerrejador) parmi ses employeurs,
marchands ou seigneurs. On lui donna bien des sobriquets, le gros
(pinguis), le costaud (acertuc), mais il se dénomma
lui même le vagabond (l'artage). |
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