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Rusticus, corredor, sirviens.
Vuillelm
le jeune (Vuillelmus junior) est le premier fils d'un
vilain (vilanus) cultivant une borderie (borderia)
en Poitou. Le manse (mansorum) appartenant à un
prieuré voisin, le père de Vuillelm était
normalement exempt des charges du service armé (militare
servicium) que ne manquaient pas de réclamer les
seigneurs voisins ou leurs officiers. Homme (homo, vassus)
des moines (monachi) et il ne devait en principe rendre de
comptes qu'aux envoyés (nuntii), péagiers
(pedagiarii) et dîmier (decimarii) du prieur
(prior). Mais la borderie (borderia) familiale
était limitrophe de l'ancien alleu (allodium) que
la belliqueuse famille de Jehan avait reçu en fief
(fevum), et bien que ne dépendant pas de ce dernier
pour les péages (pedagia) et tonlieux (thelonea),
elle se trouvait quotidiennement soumise à son influence
plus ou moins à cause de sa proximité.
Il
arriva à plusieurs reprises que Jehan et ses officiers
outrepassent leurs droits et s'invitent à table avec ses
hommes en usurpant un droit de gîte quelconque
(arbergamentum), ou bien encore réquisitionnent
pour des travaux personnels les trois rustres (rustici,
mancipia) de cette borderie si proche, au titre de coutumes
(consuetudines) abusives (malas consuetudines).
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Un litige éclata donc entre
Jehan et les moines qui crièrent au vol et le menacèrent
d'excommunication, ce qui eut pour effet de se solder par une
razzia et l'incendie d'une partie des bâtiments de
la borderie à titre de représailles (marca).
Le père de Vuillelm s'arma de courage et alla
se plaindre auprès du prévôt claustral qui
porta aussitôt l'affaire directement devant le plaid
seigneurial. Jehan fut alors condamné à
dédommager le prieuré pour le préjudice subi
et dut prendre en charge la vêture (vestura) et la
nourriture d'un des deux fils du bordier (bordarius) pour
trois ans et un mai, le manse (mansus) sinistré
ne suffisant plus à nourrir tout le monde qui y résidait.
Contraint, Jehan s'exécuta, mais décida de
ne pas entretenir un vilain pour rien et ne le laissa pas
travailler aux champs pour les moines. Retord, il emmena Vuilhem
avec lui au château de la Renardie, car on lui avait
rapporté que des troubles menaçaient l'endroit
depuis peu.
Surnommé le jeune par ses
nouveaux comparses, les autres sirvientes de la militia,
le fil du bordier partit donc pour le lointain Périgord
(Periguors). Là, on l'assigna d'abord comme simple
garçon (valetus) à des tâches
ingrates, puis bientôt éclaireur (corredor),
ou messager (nuntius) au hasard des besoins du moment.
Au bout du temps imparti, les trois années
s'étant écoulées, Vuillelm ne voulut pas
repartir et demanda à rester au service de Jehan. Ce
dernier, qui n'avait pas oublié l'affront du bordier
décida certes de le garder mais le fit affecter au guet du
village (vicus) de Fontanille (Fontanilha) avec
pour mission d'assister son dîmier (decimarius) à
collecter les fonds.
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C'est lorsqu'il voulut récupérer
la dîme d'une petite altaria que Vuillelm se heurta
aux envoyés de Renier, coseigneur du lieu et seigneur de
Cachepur, venus eux aussi faire appliquer les droits (dreitz)
de leur propre seigneur…
Vuillelm ne put rivaliser
avec les equites de Renier, accourus en nombre, mais il en
sortit cependant vivant... et détala prévenir son
seigneur.
Jean l'envoya alors comme serviens avec
les messagers qu'il dépêcha auprès de dom
Uc afin de quérir l'aide qu'il réclamait en
tant que vassal (homo fidelis) de Castelpeyrre. Vuillelm
partit avec quelques compagnons, réussit à longer
non sans peine les terres de Cachepur et éviter les
patrouilles. Il porta l'affaire à la connaissance du
vidame (vindimus) qui s'émut de l'affaire et revint
avec lui à Fontanille (Fontanilha, Minus fons).
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