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UC,
SENHER DE CASTELPEYRRE

nobilis vir,
legatus,
comtor,


Uc (Hugo, Hugonis) est le fils cadet d'une famille de nobiles relativement importante au regard de ses voisines. Les seigneurs de Castelpeyrre (Castrum petrae) détenaient leur châtellenie (castellania) principale à quelques dizaines de lieues de celle des Cachepur, mais ils avaient peu à peu acquis d'autres fiefs (feva) et seigneuries (senhorias) par alliances, mariages ou conquêtes, ce qui leur avait permis de circonvenir en grande partie leur rivale. Enfin, les aïeux (atavi) de Uc étaient d'autre part devenu vassaux de l'Eglise pour certains fiefs (fieùs) qu'ils avaient obtenus en franche aumône (libera elemosyna) pour s'être déclarés milites ecclesiae.
Lorsqu'il était jeune homme, Uc n'était pas comme ces juvenes qui se plaisaient à accompagner leurs aînés et chevaucher en armes parmi les primi milites et autres vavasseurs (vavassores). Au contraire, il était beaucoup plus tourné vers le verbe que vers les armes. Il s'intéressait aux intrigues politiques que sa famille dirigeait dans la région, et se plaisait à rêver d'agir dans les conflits entre la papauté qui s'affirmait et les puissants de ce monde.

Le dominium de Castelpeyrre devant échoir à son frère, il lui fut concédé d'effectuer des études de clerc car son père nourrissait également des ambitions pour son aîné (primus filius, prim') qui nécessiteraient à terme de sérieux appuis dans l'Eglise.
Uc commença simple clerc et reçut la tonsure. Il étudia le droit canon avec conviction, mais surtout, il sut habilement se placer auprès des bonnes personnes pour se faire remarquer, et gravir les échelons dans la hiérarchie de l'Eglise pour être envoyé à Rome. Bien que simple clerc (clericus), on lui confia des missions qui lui laissaient de plus en plus d'autonomie, et Uc en arriva à bénéficier ponctuellement de prérogatives d'évêque en effectuant des missions précises en tant que légat (legatus).

Son frère vint à succomber à ses blessures alors qu'il menait ses compagnons juvenes en chevauchée (cavalcata). Et lorsque quelques temps après, son père, le seigneur de Castelpeyrre fut fauché par un tir d'archers alors qu'il assiégeait un de ses châtelains (castellanus) rebelles, En Uc put revenir en grande hâte hériter du domaine familial. N'ayant pas encore été ordonné et sa naissance lui assurant un rang temporel important, il bénéficia de l'appui de sa hiérarchie qui vit un moyen efficace de consolider son influence dans cette région (pagus).
Comtor de Castelpeyrre, Dom Uc concentra donc à lui seul des pouvoirs très étendus: Ceux séculiers non négligeables d'un princeps, additionnés à ceux relatifs à sa charge ecclésiastique qu'il emportait avec lui.
Conscient de sa méconnaissance du monde des laïcs (laici) et de la fragilité de ses tout nouveaux appuis parmi ses vassaux (homines, vassali), il donna immédiatement au plus fidèle des hommes (homines fidelites) de son père l'administration de sa potestas séculière. Uc se consacra alors pleinement à sa mission de légat, tranchant des différents impliquant des clercs (clerici), et tentant de redresser les moeurs dissolues des nobiles de la région suivant les principes prônés par la réforme et la papauté.


Mais la tentation était grande...
Comme nombre d'autres seigneurs ecclésiastiques, usa-t-il de son rang pour arranger ses propres affaires, alleux (allodia) et fiefs (honores), sachant s'effacer derrière ses vidames (vindimi), sénéchaux (senescalci) et même avoués (advocatii) dépendant de lui, lorsqu'il fallait intervenir physiquement. Ainsi, grâce à sa position, Uc réussit à assagir ses vassaux même ceux parmi les plus trublions, ces derniers préférant céder après une reddition honorable et ainsi bénéficier des avantages, et de certaines immunités procurées par l'Eglise.

Il parvint également à s'aliéner les aleutiers limitrophes et à recadrer des barons (barones) tenanciers de francs fiefs (feoda libra), parfois en distribuant des bénéfices (benefizi) pour lesquels il reçut hommage (hommagium) et foi (iuramentum fidelitatis), parfois également en finançant chez ses adversaires des milices en faveur de la Paix de Dieu (Pax Dei) qui bien évidemment imploraient son secours une fois en place, mais plus souvent en se servant simplement de prétextes arrangeants tels que les dîmes inféodées ou la présence de prêtres (presbiteri) jugés nicolaïtes pour justifier ses interventions militaires et son ingérence.

D'autre part, il s'était laissé conter qu'un jeune stipendiaire normand (miles stipendiarius normanus) se vouait efficacement à la défense des moines (monachi) et clercs (clerici) quelque part non loin d'ici et que ce dernier, du fait du laxisme des moines, avait délaissé le prieuré clunisien (prioratus cluniacensis) où il avait été envoyé... Uc saisit l'occasion. Il révoqua son vidame devenu trop âgé, et effectua une donation afin qu'il puisse se retirer du siècle en toute quiétude au prieuré cistercien (prioratus cisterciencis) voisin de Sainte Mère de Dieu (Sancta Dei Genitrix). Puis fit quérir le jeune normand (juvenis normanus) en question avant qu'il ne quitte la région, et le nomma vidame (vindimus) de Castelpeyrre. Devant tant ferveur à le servir, il décida rapidement, de lui confier cet honor de façon héréditaire et lorsque lorsque le famulus miles s'agenouilla devant lui, En Uc lui offrit le vidamé en fief (feodum). Il en reçut l'hommage (homminium) contra omnes, la foi (sacramentum fidelis), échangea l'osculum pacis et devint ainsi son seigneur lige (dominus ligius) .

Avec Uc, Castelpeyrre continua à prendre de l'importance en continuant à s'étendre, à annexant des alleux (allodia) et récupérant des fiefs (feoda) de plus en plus éloignés.
Mais pour agrandir son domaine et sa potestas sur sa frontière ouest, Uc n'eut bientôt d'autre choix que de se tourner vers Cachepur, d'autant que son lignage (linatgue, genus) nourrissait depuis bien longtemps des vues sur une partie de cette seigneurie. Homme de verbe et diplomate, il tenta d'enrayer un possible conflit en essayant de marier la fille d'un de ses cousins et vassaux à l'un des bacheliers (baccalarii) de Renier, qu'on disait pouvoir revendiquer une certaine légitimité sur la seigneurie. Mais le conseil de Renier éventa la ruse et les fiançailles furent simplement dénoncées. Son vidame, incendia une partie des récoltes en bordure de Cachepur en représailles mais l'affaire en resta là.

Uc demeura quelques temps sur ses positions et entreprit de revoir sa stratégie.

Le seigneur de Castelpeyrre décida de ré-ouvrir les hostilités contre les Cachepur en invoquant le droit canon, oubliant avec une certaine aisance qu'il pouvait lui-même se voir taxer de simonie et de même parfois de nicolaïsme... Le prétexte alors invoqué fut au sujet d'une des églises paroissiales (altaria) en bordure du domaine de Cachepur dont Renier avait depuis longtemps, injustement il est vrai, inféodé la dîme d'un fief presbytéral. Ce bénéfice représentait un montant non négligeable mais néanmoins infime au regard des autres revenus de Uc d'autant qu'il possédait sur place un vassal lige (ligius miles) en la personne de Jehan de Fontanille, qui se trouvait être co-seigneur du lieu et qui aurait pu régler à l'amiable ce différent. C'était néanmoins une cause suffisante pour que le seigneur de Castelpeyrre somme son rival en tant que légat (legatus), et au nom de l'aide (militare auxilium) qu'il affirmait devoir à son vassal en détresse, de payer un dédommagement sous la forme d'un cens (census) assez fort. Comme il l'avait prévu, Renier refusa net devant l'escroquerie trop bien amenée. Uc ordonna alors à son vidame de lever son ban (bannus), de rassembler les vassaux (vassali) et arrières vassaux (vavassores), milites, sirvientes et clientes qu'il jugerait nécessaire à l'entreprise et le dépêcha de mener une expédition (expeditio) sur place.



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