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Mediocris, primus miles, castellanus.
Jehan (Johanis) est le fils d'un miles
autrefois petit alleutier (mediocres) entré en
clientèle d'un vassal (miles fidelis) de la familia
des seigneurs de Parthenay en faisant de son alleu (proprium
alodium) un fief de reprise (feudum oblatum). Bien
qu'en théorie indépendants, les aieux (atavi,
ascendentes) de Jehan assistaient (auxillium) depuis
toujours leur puissants voisins, notamment par de fréquents
déplacements à leur suite pour répondre à
leur appel, parfois contre les comtes de Poitiers (coms de
Peitieu), quelque fois à leur côté au
grès de l'humeur des principes. Néanmoins,
sa parentèle (parentella) avait participé à
l'ost (ostis) de Guy-Geoffroi pour renforcer
l'expédition (expeditio) de Guillaume le Bâtard,
tout comme elle avait chevauché à maintes reprises
vers le sud pour combattre les Sarrazins (Sarecens) en
Espagne (Espaigne), ou simplement pour guerroyer contre
les Toulousains. Devant les pressions subies du fait des
ambitions des principes alentours, l'aïeul (atavus)
de Jehan avait déguerpi (werpitio) de son alleu
(alodium) auprès du seigneur (dominus)
voisin, et en avait reçu l'investiture (investitura)
en fief (feodum) en retour.
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Par ailleurs, en reconnaissance des services
rendus, et en accord avec l'adage "rentes promist a
vavassor e a barons promist enor", un péage
(peatgium) quelque part sur le Thouet ainsi que la voirie
(vieria) des abords sur une lieu avaient été
accordés en bénéfice (beneficium).
Mais le commerce allait en s'accroissant dans la région,
et ce péage devenait fort lucratif. Lorsqu' arriva
pour Jehan le temps d'hériter, le relief (rachetum)
que son seigneur lui demanda dépassa de très loin
les revenus habituellement d'une année. Il put conserver
la voirie (vieria) et reçut l'investiture
(investitura) de son fief (feodum). Mais il dut
abandonner le péage (peatgium) et ses revenus à
son seigneur et se contenter d'en percevoir le sixième
comme tonloyer (telonearius) de son prévôt
(prepositus), ce qui l'appauvrit considérablement.
Alors, comme beaucoup d'autres mediocres, pauvres
vavasseurs (vavassores, valvassors), Jehan chercha à
multiplier les hommages auprès de seigneurs plus puissants
afin d'élargir ses bénéfices, et donc ses
finances. Les chevauchées (cavalcatas) vers le
toulousain ou le royaume d'Aragon avaient permis à son
lignage (linatge, prosapia, genus, progenies) d'entretenir
des relations auprès de divers seigneurs, et parfois même
d'en tenir quelques petits fiefs (feoda), qui leur
rapportaient des revenus de diverses importances. Il connaissait
ainsi nombre de proceres et barons (barones), et
même des nobilissimi dont ceux de
Castelpeyrre. Jehan se déclara vassal lige
(hominium ligium) de Uc et lui prêta un hommage
contra omnes. Ce dernier en fit alors un des milites
castri de sa familia, lui concédant un bénéfice
de chevalier (feodum militum) en lui baillant en Périgord
(Periguors) la garde (custodia) du petit château
(castellum) de la Renardie ainsi qu'une partie de la
seigneurie (seinioria) qui y était attachée.
Le fief de la Renardie était en outre assujetti à
l'hébergement (albergue) ainsi qu'à
l'obligation d'escorte (comitatus) pour tout déplacement
d'un des optimates de Castelpeyrre dans les quarante
lieues alentours. Or, cette distance finissait en plein dans la
châtellenie de Combareuilh sur les terres de
Cachepur...
Désormais châtelain (castellanus)
vassal de en Uc, Jehan servit alors involontairement de
prétexte à la reprise des hostilités entre
les deux seigneuries ennemies. En effet, à titre
personnel, Jehan était depuis longtemps coseigneur
(vicedominus) avec les Cachepur d'un hameau (mansus,
vicus) appelé Fontanille (Fontanilha, Minus Fons)
et qu'ils possédaient tous deux en pariage (paragium),
partageant normalement dépenses et bénéfices.
Se trouvant à proximité du fief (fiscus) de
la Renardie et de la seigneurie de Cachepur, le hameau se
composait que d'une plantade (plantada), d'une vigne
(vinea) ainsi que de quelques manses cultivés
(mansi vestiti) dans un essart (exartus, artigua)
et n'était pas d'une importance majeure, si ce n'est par
sa localisation. Mais le fief (fevum) en question
comprenait également une petite église
(altaria) dont la dîme (decima) non
négligeable, jusque là inféodée
par les seigneurs de Cachepur, fut bien vite revendiquée à
titre ecclésiastique par Uc. Jehan avait contracté
(convenientia, conventum) un pacte de non agression avec
son pair (convenientia), mais tenant sa terre per
militare servitium et par hommage lige (ligia fidelitas),
il dut dès lors se rétracter et se consacrer
exclusivement, sous peine de félonie, à honorer son
serment d'assistance (auxillium) auprès de son
seigneur Uc et au représentant de sa potestas...
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