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GUILHEM,
RIC'HOME DE MEILHAC

Ric'hom
cabalarius
marescallus equorum


Guilhem (Guillelmus) est le troisième fils d'un modeste ric'home demeurant au sud est de Castelpeyrre, vers l'Agenais. Ses aïeux (atavi, prosapia, genus) possédaient en alleu (alodium) plusieurs mas (mansi), leurs fiefs (feùs), les vigueries (vegerias) qui y étaient attachées avec toutes leurs cuisines (codinas), ainsi que tous les hommes et femmes qui y vivaient (cum omnibus hominibus et feminibus qui inde sunt). Le domaine de Meilhac (Meilliaco) se suffisait à lui même prospérait des revenus d'un commerce de laine (lana), d'avoine (avena) et de seigle (seglum) régulier avec une dépendance de la maison du Temple (mas del cavallers del Temple) ou même avec les drapiers et tailleurs (parmentarii) des bourgs (burgii) des environs. Mais cette prospérité, même modeste, finit par attirer la convoitise d'une bande de paillers (palearii) qui s'avéra trop puissante pour être contenue par les clientes du guet et dévasta tout dans les mas alentours. Les biens valeurs furent pillés, le bétail tué, les granges brûlées. Les naturels préposés au guet (custodia) connurent un sort funeste mais la plupart des autres rustici du domaine purent s'enfuir dans les bois (boscos). Le ric'home arriva en grande hâte avec les quelques caballarii et les sirvientes qu'il avait put lever pour leur donner la chasse en vain.

Ruinée, la famille (parentella) de Guilhem décida de demander une alliance au seigneur (senhor) de Castelpeyrre, afin de bénéficier de son appui et de pouvoir conjuguer leurs forces en cas d'attaque.
Ce dernier accepta le marché, acquérant ainsi une clientèle lui permettant d'accroître une militia déjà conséquente ainsi qu'une influence qui se faisait déjà sentir jusque dans les domaines voisins. Selon les usages de la région, le grand père (avus) de Guilhem reconnut donc simplement la supériorité de ce seigneur. Ils s'échangèrent des promesses d'entraide et de protection mutuelles en cas de danger et concrétisèrent ces engagements réciproques par un contrat écrit (convenientium).
Le ric'home devint ainsi relativement indépendant mais dut cependant honorer un droit de gîte (alberg) convenu à six jours par an pour le seigneur et une escorte de trois chevaliers (cavallers) et deux sergents (sirvients).
Lorsqu'il hérita de son domaine, le père de Guilhem renouvela à son tour les promesses de paix et d'entraide mutuelles envers le seigneur de Castelpeyrre qui accepta naturellement de recevoir et nourrir ses fils afin qu'il bénéficient d'un enseignement qui ferait d'eux des chevaliers (caballarii, cavalers) capables de défendre et diriger leur propre domaine.
Guilhem vit donc ses frères partir alors qu'il était encore enfant (puer). Lui même commença son apprentissage chez lui auprès de sa propre famille et ne partit que plus tard alors qu'il était déjà adolescent (adulescentus).
Il croisa ses deux aînés qui ayant achevé leur formation, accompagnaient la familia de juvenes menée par le fils aîné (primus filius) du seigneur de Castelpeyrre.

Avides d'épopées, les juvenes, jeunes caballarii, couraient les seigneuries pour offrir leurs services et en tirer gloire et honneur avant de se voir chasés (casati) à leur tour. Par malheur, il arriva que l'héritier de Castelpeyrre succomba lors d'une échauffourée contre un obscur seigneur dont le château, par vengeance (marca) fut rasé peu de temps après...
Le frère aîné de Guilhem succomba à son tour lors de cette vendetta. Le deuxième frère conçut une grande honte de n'avoir pu sauver ni son futur seigneur ni son frère et s'en retourna alors au domaine familial ou il effectua un importante donation au monastère (monasterium) voisin pour le salut de leur âme...
Quand à Guilhem, il reçut peu de temps après le cingulum militia à son tour et choisit de demeurer au service (servitium) de la militia du seigneur de Castelpeyrre en paiement de la dette d'honneur de ses frères. Ce dernier demeura encore un temps à la tête de la seigneurie, puis un jour qu'il réduisait la place forte d'un de ses châtelains trop indépendant à son goût, il tomba à son tour en dirigeant ses hommes (homines fidelites).
La seigneurie fut alors reprise en main par le second fils du domaine, Uc (Hugo).
Ce dernier avait suivi une autre voie que son frère, devenant un clerc (clericus) plus habitué à combattre par le verbe qu'à se fervêtir en haubert (hauberc). Néanmoins, il sut s'aliéner sa clientèle en faisant renouveler les contrats (convenientia) ou les hommages (hommagia) suivant les accords passés auparavant.

Guilhem était moins prompt à l'emportement que ses deux frères autrefois, aussi plut-il immédiatement au nouveau seigneur qui s'appuya en grande partie sur lui pour asseoir sa potestas sur ses vassaux (homines fidelites), châtelains (castellani, castlans), milites castri ou autres proceres de sa familia.
Il décida de le gratifier d'un honor.
Guilhem demeura bachelier (baccalarius), un de ces vassaux domestiques à qui l'on confiait une fonction en bénéfice (beneficium), mais en Uc en fit son Marescallus equorum. Cette charge importante lui permit d'avoir entre autre la responsabilité de la formation à cheval des futurs juvenes de l'exercitus de Castelpeyrre et de n'en répondre que devant le vidame (vindimus) ou lui même.

Miles strenuus, Guilhem s'avéra également d'une aide efficace pour les affaires de la seigneurie, notamment lors des chevauchées contre les Cachepur.






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