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Genera nobile, Dauna.
Cousine
(cognata) de En Uc, Na Cristina (Cristina)
est la petite fille d'un des custodes castri de
Castelpeyrre, caballarius ayant obtenu autrefois un franc
fief (feodum liberum) à la suite d'une chevauchée
victorieuse de l'autre côté des Monts de Cize
(Portus Ciserae), en Espagne (Espaigne). Le grand
père de Cristina avait bénéficié de
l'estage (estagium) d'un château (castello)
et était entré en clientèle de celle
de Uc par convenientia pour la seigneurie (senhoria) de
Aucazatz (Altus casamenta) vers le pays béarnais .
Donzella bien née, Cristina reçut
l'éducation convenant à son rang en apprenant les
arts libéraux, surtout le trivium, mais aussi le
quadrivium. Le fief (fevum) paternel se trouvait à
la croisée de la route de Santiago et du camin
romiu. En tant que fille du châtelain, elle assista aux
repas donnés en l'honneur de barons (baros) de
marque de passage et put donc également apprendre d'autres
langues, comme le provençal, le normand, et le français
en s'entretenant avec ses hôtes. D'une relative
indépendance, son père ne devait s'acquitter que
d'une redevance de cinquante sous d'oublies (obliae)
l'an et n'était tenu qu'à l'albergue, c'est
à dire qu'il ne devait au seigneur des Castelpeyrre ou à
ses envoyés (nuntii), qu'une fidélité
(fides) n'impliquant qu'une mise à disposition de
son château (castellum) pour un hébergement
restreint. Il n'était par ailleurs tenu qu'à un
nombre limité de jours d'escorte (comitatus, satellis),
et encore pour ce dernier point avait-il négocié
une faible distance.
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L'assistance militaire (servitium militis)
avait été plusieurs fois discutée et
monnayée sans pour autant constituer un acte de félonie,
conformément à la convenientia contractée
ainsi qu'à l'usage et aux règles du franc fief
(secundum consuetudinem et racionem feudi honorati).
Cependant lorsqu'il devint seigneur de Castelpeyrre, Uc
entreprit de consolider son auctoritas envers ses
possessions périphériques avant que les gardiens
(custodes castri) mis en place depuis longtemps ne
finissent par considérer la terre qui leur avait été
confiée comme leur appartenant en propre, et tentent de
concrétiser des intentions d'indépendance. Cette
mesure s'appliqua à son parent (consenguineus) de
Cize (Portus Ciserae) qu'il réussit à
s'aliéner en lui baillant officiellement la seigneurie
(dominium) de Aucazatz contre une nouvelle convenientia
lui garantissant une aide (auxilium) accrue.
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Mais le fief (fieù) était loin
de Castelpeyrre et Dom Uc trouva un moyen simple d'avoir
une garantie supplémentaire et de s'assurer de son
turbulent cousin: Il offrit généreusement
d'héberger sa fille à sa cour...
Dona
Cristina servit donc involontairement le seigneur de
Castelpeyrre dans ses desseins pour accroître sa potestas
au détriment des seigneuries voisines. Elle participa
à de nombreuses ambassades de bonne volonté,
notamment auprès des Cachepur, les ennemis de toujours.
Elle finit même par se voir proposer en mariage au propre
cousin de Renier, un bachelier (baccalarii) devenu
châtelain (chastela) de Combareuilh, terre convoitée
par Castelpeyrre. Comme il se devait, elle fut alors envoyée
auprès de En Renier, son nouveau tuteur (balium),
et de par son rang, elle devint dame de compagnie de Na Judith
en attendant les noces. Là, elle y apprit un peu les
dialectes périgordin, mais également saintongeais
et poitevin. Mais surtout, elle développa un certain
intérêt pour le trobar et le fin'amor
si bien décrits par les plus grand troubadours
(trobadores).
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En Renier suspecta cette soudaine
complaisance des Castelpeyrre et flaira la manœuvre
de son ennemi pour le déstabiliser en sa seigneurie et
peut être même avoir prétexte à le
renverser. Il dénonça l'accord passé, fit
annuler les fiançailles, et décida même de
renvoyer Na Cristina chez En Uc alors qu'il aurait
pu la garder en otage (hostagium).
Cependant bien
des choses avaient changé entre temps à
Castelpeyrre. L'ancien vidame (vindimus) accommodant avait
été remplacé par un jeune stipendiaire
normand (miles stipendiarius) nommé Tancrède,
désormais à la tête de la potestas
temporelle...
Uc l'avait mandaté pour chevaucher au
devant de sa cousine et lui avait ordonné de la lui
ramener au plus vite au cas où tous comptes faits,
Cachepur déciderait d'en demander rançon. Tancrède
s'exécuta, mais une fois Cristina en sûreté,
il fit faire demi tour à une bonne en partie de ses
milites et décida de laver l'affront qui avait été
fait à la jeune dauna. Il incendia quelques mas
(mansi), tua le bétail , et ravagea les cultures
des casaux situés (casals, casali) en périphéries
de Combabreuilh en guise de représailles.
Na
Cristina en fut très honorée...
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