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villanus, cliens, pedes.
Fils
d'un modeste cliens des seigneurs de Castelpeyrre devenu
serviens dans leur militia, et d'une vilaine
(villana) de la banlieue nord-est du bourg (burgus),
Aymeri (aimericus, ermenricus) voulait depuis son plus
jeune âge courir les routes afin d'apprendre à
amuser les gens et peut être même être initié
au trobar par quelque maître de renom. Il pensait
pouvoir ainsi émerveiller puceles (puellae)
et corteis de ses chants, avec la même facilité
que lui semblaient se produire les jongleurs (joculares,
joglares) qu'il voyait s'arrêter lors des foires
(feriae) et marchés (mercatae) du bourg
(burgus) en contrebas du château (castrum) de
son seigneur (dominus, senhor). Mais son père
se méfiant comme de la peste de ces beaux chanteurs qui se
fardaient comme des garsonieres (fornicaria, putana,
garsalh) ne l'entendait pas de cette oreille. Il le destinait
à un avenir plus sûr à ses yeux, ayant obtenu
depuis peu le commandement per serjanteriam d'un péage
(pedagium). Ses fonctions de péagier (pedagiarius)
lui assuraient désormais un certain bénéfice
pour lui et les siens, bénéfice qu'il escomptait
bien pouvoir rendre héréditaire et léguer à
au moins l'un de ses fils. Aymeri baigna donc très tôt
dans l'ambiance des veillées de corps de garde ou il
passait le plus clair de son temps pour aider aux tâches
subalternes d'entretien, y gagnant quelques oboles (obolos)
au passage.
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Lorsqu'il fut d'un âge suffisant, on commença
alors à l'employer comme éclaireur (corredor)
puis comme archer (arcbalestrier, balistarius). Fils aîné
(prim'), il se prit alors à espérer recevoir
un jour le bénéfice (beneficium) de son père
et reprendre le péage à son compte, mais il n'en
fut rien et celui-ci échut à son jeune frère...
car Aymeri, était destiné à de plus
importantes fonctions. Ayant été remarqué
pour sa haute stature, il avait été recruté
comme sentinelle (gaita) par le chef du guet, un sergent
(sirviens) qui détenait une part de prévôté
(prépositura) sur les quartiers est de la ville
(cives). Fier de ses nouvelles prérogatives de
sentinelle (gaita) qu'il considérait le propulser
bien au dessus de ses anciennes connaissances, il s'acquitta de
ses fonctions avec allant et se mit à courtiser une jeune
fille qui vivait non loin de son disctrict. La jeune femme
(donzella) n'était autre que la fille du chef du
guet. Malgré de nombreuses incartades au service, le vieux
sergent avait fini par voir en ce fanfaron (gabador)
volontaire, un successeur possible pour son ministère. Il
lui abandonna donc la main de sa fille et céda en alleu
(alodium) pour dot (dotarium) le bénéfice
du cinquième (quintum) des droits de justice
(freda, districtio fidejussorum) pour tout ce qui
concernait son district. Son geste permit au jeune cliens
d'accéder à des fonctions plus importantes. Aymeri
s'assura des collectes des droits de marché et des droits
de justice pour la zone qui lui avait été assignée
et devint à ce jour celui de la famille qui avait réussi.
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Lorsque le nouveau vidame (vidamus) de son
seigneur (seinhor) conduisit une expédition
(expeditio) contre Fontanille (Fontanilha) sur les
terres de Cachepur, il eut la chance de ne pas être
requisitionné, ce qui lui sauva probablement la vie car un
grand désastre s'y produisit. Au contraire, il y trouva
même son compte car il fut bientôt recruté
comme sirviens piquier (hastarius) dans la militia
de En Uc pour servir comme sentinelle (gaita) au
château même.C'est à ce titre qu'il dut aussi
escorter (commitatus) le vidame lorsque celui-çi
fit appliquer sur Castelpeyrre et auprès des vassaux
(homines fidelites) les prérogatives de son
seigneur (domnus). Par contre, la guerre contre Cachepur
ayant repris de plus belle, alternant razzias, vengances et
réconcilliations, il dut à plusieurs reprises
participer avec d'autres pedestri comme lui aux
expéditions et aux chevauchées (cavalcatas),
et ce, même en dehors de la seigneurie.
Cependant,
Aymeri n'en oubliait pas pour autant sa première passion.
N'ayant plus de comptes à rendre à son père,
il s'évertua à passer ses rares temps libres à
amuser ses nouveaux compagnons d'armes en racontant des histoires
de son invention, dans lesquelles il contait les exploits de En
Uc et tournait ses ennemis en dérision.
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