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Homo proprius, balistarius, sirviens.
Amauvin
(Almavinus) est le fils unique d'un cliens de la militia
des seigneurs de Castelpeyrre. Participant à l'escorte (comitatus)
des convois envoyés vers la côte et le pays
d'Aunis (pago Alniense) pour le commerce, son père avait fini par
rencontrer sa mère alors serve (ancillae) travaillant dans les faubourgs
(suburbs) de La Rochelle (Rupella), et c'est là qu'Amauvin
est né. L'année suivante, le père se découvrit
un fils. Il obtint de l'émissaire (nuntius) une avance pour payer
les droits de formariage de sa femme, qu'il put ainsi ramener avec lui
à Castelpeyrre lors du voyage de retour. Sa famille à l'abri
du château (castrum) de son seigneur (dominus), il continua
quelques années à effectuer des voyages au loin.
Alors
qu'il n'était encore que simple homme d'arme (sirviens), la chance
lui sourit car il se vit confier le tiers de la prévôté (prepositura)
des quelques casaux (casales) qui s'étalaient sur une demi lieue
à l'ouest des murs. Le fief (fiscus) donné en sergenterie
(per serjentariam) comprenait tous les bénéfices (benefizi)
qui y étaient attachés et disposait en outre du dixième (decimum)
des coutumes (consuetudines) ainsi que du cinquième (quintum)
des droits de justice (freda, districtio fidejussorum). Les trois servientes
s'entendant bien, les revenus qu'ils obtenaient et se partageaient étaient
plus que corrects pour leur condition. Le père d'Amauvin caressa l'espoir
de recevoir sa part à titre héréditaire, et associa pour
cela son fils à ses affaires. Amauvin dut apprendre à se servir
d'un bâton, puis d'un arc, et c'est en tant qu'archer (balistarius)
qu'il commença à assister son père dans son districtus.
Mais la quiétude cessa lorsqu'on apprit
un jour qu'une parente des Cachepur étant devenue veuve, laissait sur la
côte une châtellenie à conquérir pour qui saurait la
prendre. Même si le domaine était petit, le seigneur de Castelpeyrre
(domnus Castri petri) souhaitait profiter de l'aubaine pour couper cet
approvisionnement de sel à son ennemi. Il fit donc dépêcher
une ambassade pour proposer un mariage avantageux avec un des ses propres fidelites.
On créditait le père d'Amauvin d'une certaine connaissance des
routes sûres d'ici à la côte. Aussi, en raison de l'assistance
due à son seigneur pour son bénéfice (beneficium),
on lui demanda d'être du voyage et de guider les émissaires (nuntii).
Mais
en arrivant aux Landes lès Broues (Landae proxima broatgae), la
délégation se heurta aux caballarii des Cachepurs arrivés
bien avant eux. Ils furent rossés et renvoyé en chemises, sans broignes
(breines) ni hauberts (haubercs)... Le vieux serviens en
garda un désir de vengeance envers les gens de cette seigneurie (seinioria). Aussi,
lorsque deux ou trois ans après éclatèrent les événements
de Fontanille (Fontanilha), Amauvin vit son père partir avec une
partie de l'exercitus de Uc commandé par un jeune vidame (vindimus).
Mais lui, dût rester à Castelpeyrre.
La bataille (battalha)
tourna mal, et si la plupart des equites purent s'en sortir, bon nombre
des pedites ne revinrent pas. Amauvin guetta le retour de son père
en vain, et ce fut le vidamme qui arriva. Tancrède lui proposa la petite
prévôté (praeositura) de son père contre un
rachetum rabaissé du quart, et lui assura qu'il le tiendrait désormais
en fief (fiù) héréditaire. Mais la somme nécessaire
était trop importante et Amauvin dut renoncer. En dédommagement
du service rendu, Tancrède lui laissa cependant son logement pour lui et
sa mère ainsi qu'un manse (mansus) en censive contre six deniers
(.VI. denaros) l'an. Il le prit en outre à son service comme pedes
dans la militia de Uc. |