RETOUR / BACK

AMANIEU, de RÒCA VIELHA

Mediocris,
valetus
armiger.

Amanieu (Amaneus) vient d'une lignée (genus) de mediocres, petits alleutiers de la terre de Rochevieille (Ròca Vielha, Roca vetula) regroupés en communauté villageoise située en marge des seigneuries (senhorias) Castelpeyrre et des terres de Combabreuilh.
Bien qu'entrée en clientèle des seigneurs de Cachepur, la communauté avaient su rester à l'abri des querelle de ses puissants voisins tout en bénéficiant bénéficier de leur protection tout en conservant ses terres, ceci grâce à des convenientiae avantageuses. En contrepartie de quoi, on avait promis de fournir le gîte (arbergamentum) pour deux cavaiers et un sirviens de Castelpeyrre à chaque fois qu'ils passeraient par là, et de l'autre côté, on devait fournir trois hommes armés d'un fort bâton à chaque fois que le danger menacerait le château de Combabreuilh (castro Comba brolii), et de s'acquitter d'un service (militare servitium) dans l'armée (exercitus) de Cachepur à hauteur de trois pedites pour chacune des expéditions (expeditio) menée dans la limite de dix lieues, et ce pas plus de vingt six jours par an.
Ayant l'une des part principales de l'alleu (alaudium), le père d'Amanieu fit partie des pedites régulièrement réquisitionnés. Il eut un jour l'opportunité de se distinguer par un fait d'arme, car deux milites s'étaient installés dans une chapelle (altaria) non loin de chez lui et en
rançonnaient régulièrement la dîme (decimaria) malgré les admonestations du prêtre (presbiter, sacerdos). Le père d'Amanieu s'interposa et fit cesser leurs exactions (exactiones).
Cette action lui valut d'être remarqué par le seigneur de Castelpeyrre qui dépêcha un messager (nuntius) lui faire savoir que son fils pourrait suivre une instruction militaire au château en récompense. Bien qu'alors déjà âgé de douze ans, Amanieu fut donc emmené là-bas.

Voyant son âge avancé, le vidame (vindimus) de l'époque décida de le délaisser avec d'autres adulescentes, eux aussi fils de mediocres de moindre rang, à la disposition du marescallus equorum, un miles castri nommé Guilhem (Willelmus) qui se chargea alors de leur instruction au quotidien.
Valetus, Amanieu dut se consacrer à des tâches considérées pourtant subalternes et serviles, mais jugées indispensables à son apprentissage, comme nettoyer les écuries, soigner les chevaux, ou fourbir l'armement. On lui enseigna par ailleurs le tir à l'arc, et surtout le combat, d'abord armé de bâtons et de gourdins de bois puis avec une vraie lance. Enfin on lui apprit à manier l'écu, art difficile s'il en est. Avec les années, Guilhem se prit d'amitié pour lui et le prit comme armiger attaché à son service, en attendant qu'il reçoive un jour le cingulum militia et les éperons (sperona) des cavaiers. Il l'autorisa à le suivre à la chasse, d'abord en courant avec les autres gens de pied, puis occasionnellement en selle sur un roncin (rous).

Mais durant son apprentissage, la querelle entre Cachepurs et Castelpeyrre prit de l'ampleur. Il devint difficile pour son père et sa communauté de rester neutre plus longtemps aussi ces derniers resserrèrent-il leur liens et renforcèrent-il les convenientiae et les promesse d'entraide mutuelle du côté de Cachepur.
Amanieu vit un jour le vidame en grande discussion avec Guilhem et fut renvoyé peu de temps après dans son village (vicus), certainement avec l'idée sous-sous-jacente qu'il servirait les intérêts de En Uc et entraînerait sa communauté dans son sillage. Loin de ces intrigues qui le dépassaient, le jeune homme retrouva les siens avec joie. Fort de son expérience, c'est tout naturellement qu'il en devint le porte-parole, s'efforçant de maintenir la relative tranquillité de sa communauté, même durant les événements de Fontanille (Fontanilha). Cependant, fidèle aux accords contractés par son père et les anciens du village autrefois, il participa régulièrement au service armé au profit de En Renier fervêtu d'une broigne (breine) participa aux chevauchées (cavalcata), conduisant lui même les deux autres hommes qui étaient exigés.

RETOUR / BACK