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ALPASIA

Donzella,
cameraria.


Alpasia (Alpasia) est la fille (filha) d'un sirvens de Castelpeyrre ayant commencé simple cliens assigné au guet (custodia) du rempart est de la ville (cives). Ayant eu une promotion à la suite d'un coup d'éclat contre une bande de truands (benda de truans) où il s'était distingué, il avait été nommé adjoint du chef du guet de la partie est de Castelpeyrre et devait l'assister pour tout ce qui concernait la collecte des droits de justice (freda) et les saisies (apprehensiones). A la longue, il finit par remplacer l'ancien sergent (sirviens) dont il racheta la part de prévôté (praepositura) à sa veuve (relicta) avec l'accord du prévôt (prepositus) en titre.




La famille (parentella) d'Alpasia eut donc rapidement un train de vie relativement aisé par rapport à ce qu'elle avait connu, d'autant que sa mère était chambrière au château (castrum) auprès d'une des daunas de la cour (curtis).
Alpasia pu recevoir une bonne éducation et fut en contact très souvent avec les jeunes filles (senioritas) de la cour, jouant avec elle et apprenant à les servir.






Jeune fille (donzella), elle fit la connaissance d'Aymeri, un sirviens du guet que son père avait remarqué pour son allant. Comme il se devait, le jeune homme la courtisa quelques temps après son service. Affecté comme sentinelle (gaita) non loin de chez elle, il arriva aussi que le fanfaron (gabador) vint la voir pendant son tour de garde, s'attirant ainsi des coups de bâton de la part du vieux sergent (sirviens). Ces péripéties ne l'empêchèrent pas de s'enhardir et demander la main d'Alpasia. Voyant en lui un successeur possible qui lui permettrait de conserver héréditairement le bénéfice dans sa famille, le vieux sergent lui accorda la main de sa fille et lui céda en alleu (allaudium) une part de son bénéfice.


Caspelpeyrre connut des événements graves, car le seigneur et son fils héritier moururent à peu de temps d'intervalle. Son père lui raconta comment il avait vu son seigneur (sehner) tomber lors d'une chevauchée (cavalcata) contre un château (castellum) qui défiait son autorité, et que tous en avaient été fort affligés, rasant alors le donjon (turis) par vengeance (marca).
On vit alors revenir Uc, le second fils qu'on croyait avoir définitivement pris l'habit (vestura). Uc instaura très vite une politique agressive vis à vis de ses vassaux (fidelites) et son nouveau vidame, un jeune cavaiers normand, se montrait zélé à faire appliquer les prérogatives de son seigneur.

L'arrivée de Uc signifia bien des changements dans la vie d'Alpasia.
Quand le vidame (vindimus) partit avec l'intention de conquérir Fontanille (Fontanilha), ni son père ni Aymeri n'avait pas été requisitionnés pour l'expédition (expeditio), aussi sa famille n'avait-elle pas souffert du désastre. Au contraire, les querelles incessantes avec la seigneurie (seinhoria) de Cachepur voisine avaient-elles servi leurs intérêts à tous deux.
Aymeri fut recruté dans la militia du château (castrum) de Uc pour remplacer certains milites qui étaient tombés à Fontanille, et devenu sirviens de l'exercitus, s'il eut un revenu plus important, il dut aussi participer plus souvent aux expéditions (expeditiones) ou aux chevauchées (cavalcata) à l'extérieur de la seigneurie chaque fois qu'on le lui ordonnait.

Alpasia ne fut pas en reste. Comme sa mère autrefois, elle fut nommée chambrière (cameraria) d'une dauna de la cour. Mais au lieu de se retrouver au service d'une quelconque femme (moller) d'un des corteis du château, elle fut affectée au service de Na Cristina, une proche parente (consanguinea) de Uc qu'il conservait à demeure auprès de lui et qu'on disait avoir eu l'honneur bafoué par les Cachepur. Il arriva donc qu'Alpasia accompagne la dame (dona) en délégation hors du château, et qu'elle aperçoive parmi les troupes (excercitus) de son seigneur, son sirviens de mari en train d'amuser ses comparses.





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