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puella de Combabreuilh, miressa.
Fille
(filha) d'un vilain (villanus) dépendant de
la seigneurie de Combabreuilh (Comba brolium), Osiria
était promise depuis longtemps au fils du bordier
(borderius) voisin. Ses parents étant susceptible
d'apporter une dot (dottarium) conséquente, un
accord avait été conclu entre les deux familles. En
effet, ses aïeux (atavi) possédaient depuis
longtemps en alleux (allodium) un manse (mansus),
la moitié d'une vigne (vinea) ainsi qu'un douzième
de la dîme (decima) de l'altaria voisine.
Malheureusement, le bayle (bajulus, bailles) de Saint
Méard subissant des pressions de la part du châtelain
(castlan), fît-il de même à l'encontre
des vilains et petits alleutiers (minores) qu'il
considérait dépendre de lui, notamment en exigeant
des coutumes (consuetidines) ainsi que des droits de
justice (freda, districtus) exorbitants qui obligèrent
plus d'un à se dessaisir de leur alleu. Certains
reçurent leur propre terre (terra) en tenure
(tenementum), mais d'autre se virent bailler un autre
manse (mansus) en fonction des intérêts du
seigneur (dominus). La famille d'Osiria dut vendre leur
moitié de vigne et offrir leur part de dîme à
l' abbaye voisine (abbatia) pour conserver leur manse.
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La dot d' Osiria étant amoindrie, le bordier
annula alors la promesse d'épousailles.
Enfant,
lorsqu'elle gardait les moutons (multones) en lisière
de bois (nemus), elle avait pris l'habitude de rendre
visite à une vieille femme, serve (ancilla) qu'on
chargait de glaner le bois mort et les racines, et qu'on logeait
dans une borie (boaria) en bord d'un défrichement
(apendaria). Elle avait apprit avec elle à
reconnaître les simples (simplex) et les baies et à
en maîtriser les vertus médicinales. Osiria s'avéra
bientôt capable de soigner grâce aux plantes.
Ainsi,
lorsque ses parents furent spoliés par le bayle voisin,
Osiaria en savait assez pour soigner et être considérée
comme miresse par les autres vilains alentours. Le manse
familial étant devenu trop pauvre pour nourrir toute la
famille, elle partit s'installer dans la borie (boaria)
désormais à l'abandon et réussit un temps à
vivre de ses potions et onguents.
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Elle vit un jour arriver quelques cottereaux
(cotharelii) traînant derrière eux l'un des
leurs grièvement blessés alors qu'ils effectuaient
une razzia contre les dépendances du sire de
Combabreuilh. Apprenant cela, elle mit tout en oeuvre pour sauver
le blessé en lui prodiguant les soins qu'elle avait apprit
autrefois. Elle leur annonça qu'ils lui apportaient là
sa vengeance contre un seigneur qui avait ruiné sa
famille. La malchance fit que trois veneurs (venatores),
pistant des traces de sang, arrivèrent droit sur la borie
et tombèrent face à face avec les cotteraux. Les
hommes du seigneur (senhor) laissèrent un des leurs
dans l'échauffourée qui s'ensuivit mais les deux
autres s'enfuirent à travers les bois alentour qu'ils
connaissent par coeur. Les couteliers (cotharelli)
routiers surent qu' Osiria serait accusée de complicité
pour leur avoir donné asile. Ils lui demandèrent
alors si elle voulait les suivre et rencontrer leur chef qui
avait fait profité de la protection d'une Sauveté
(Salvitate) non loin pour faire bivouac.
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Bien décidée à faire un jour
payer chèrement sa tenure confisquée injustement
par ce châtelain bâtard Osiria envisagea de quitter
son pays pour partir avec ces criminels (nefarii) et ainsi
se mettre à l'abri, escomptant payer son écho en
faisant bénéficier ses nouveaux amis de ses
connaissances des plantes et des soins qu'elles pouvaient
apporter.
Malheureusement, bénéficiant d'un
droit de poursuite, les cavaiers et messeguers
(messeguarii) d'Ernauton les rattrapèrent peu de
temps plus tard alors qu'ils se regroupaient près d'un
petit village (vicus), se croyant à l'abri hors de
la châtellenie. Surpris, les stipendiaires se débandèrent
en abandonnant Osiria que les voyiers (vierius) ramenèrent
de force en lui extorquant sept deniers (.VII. denaros) à
titre de caution. Traînée devant le plaid (placita)
d'Ernauton, elle plaida sa cause et invoqua même la justice
de Dieu si on lui accordait un champion pour la représenter.
Vexé, Ernauton feignit l'indifférence à ses
suppliques, et la condamna à une amende de quatre sous
(.IIII. solidi) pour s'être ainsi enfui, ainsi qu'à
recevoir dix coups de roseau pour s'être acoquinée
avec des truands (truandi) qui avaient pillé la
terre de son seigneur. Au bout de quelques temps, constatant
qu'elle ne pourrait finalement pas payer et qu'il ne verrait
jamais ses deniers, Ernauton commua finalement sa peine en une
amende de six deniers (.VI. denarii) en échanges de
renseignements sur les soudards qu'elle avait côtoyé,
qui ils étaient, qui ils fréquentaient, et où
ils allaient... Si on lui confisqua sa borie (boaria) au fond des
bois pour l'obliger à travailler dans le jardin
(hortolanus) sis au abords du village... Osiria réalisa
qu'au fond, elle s'en sortait plutôt bien... et alla faire
une offrande à San Mear de Combabreuilh pour le
remercier d'avoir intercédé en sa faveur.
Mais
elle reçu quand même les dix coups de roseau
promis...
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