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ONFROI LE ROUGE

Mediocris,
sirviens,

caballarius.


Onfroi le rouge (Onfredus rufus) est né dans une famille de bordiers (bordarii), mediocres de la clientèle du seigneur châtelain de Cachepur (senhor de Cachepur). Son grand père était venu pays des normands (pagus normannorum) s'installer sur une terre à courte distance du château (castellum) et la famille avait conservé ce prénom pour chacun de ses fils aînés.
Quand le vieux seigneur (domnus) de Cachepur mourut, laissant ses deux fils se disputer le dominium et les jours sombres s'installer, la bonne fortune voulut que le père d'Onfroi prit parti pour celui de Renier.

Aussi, lorsque la lignée de Renier (genus rainerii) disposa enfin seule du pouvoir, la famille de Onfroi sut en tirer quelques avantages en bénéficiant de quelques allègements sur les coutumes, notamment sur l'agrier (agriarium) qu'elle ne devait plus qu'au cinquième (quintum).

Devant s'acquitter néanmoins de diverses redevances à titre de corvées (corveia) auprès de son seigneur pour le manse ingénuile (mancipium, manso ingenuile) qu'il possédait en censive, le père d'Onfroi l'associa dès l'adolescence (adulescentia) à ses obligations. Mais en vieillissant, il commenca à rester à la borderia (bordaria) et profita de ce que son fils prenait de la force l'envoyer à sa place quand son seigneur n'exigeait pas sa présence en personne.



Onfroi eut à s'occuper un peu plus fréquemment à chaque fois du service armé (servitium militis) qui incombait à son père comme archer (archerius, sagittarius, arcbalestrier) du guet (custodia). Il fut bientôt requis pour être cliens dans la militia de son seigneur, et quand finalement on l'y affecta de façon permanente, il quitta alors sans regret sa condition de rusticus pour celle plus honorable de serviens.

Onfroi fit ses armes en en participant à la défenses des frontières de la seigneurie (seinioria) ou en réduisant la résistance de vassaux (homines fidelites) fidèles à l'autre lignée (genus), ou simplement des velléités d'émancipation de châtelains (castellani), custodes castri, milites castri de Cachepur, en suivant l'exercitus avec les pedites lors de chevauchées (cavalcatas) menées par son seigneur.

Onfroi devint sirvens accompli et fut alors affectés à diverses tâches de collectes des droits de justices (freda, districtio fidejussorum) avec deux ou trois sirvientes sous ses ordres.




Un jour qu'il s'en revenait avec ses hommes vers Cachepur, il tombèrent avec ses hommes sur deux cavalers et un groupe de soldeiers qui semblaient rançonner des gens. Pensant que l'on usurpait les droits de tonlieu (theloneum) de son seigneur, il s'approcha menaçant. Il vit alors que l'on s'en prenait à deux des moines (monachi) du prieuré voisin de Sainte Marie de la Sauveté (Beata Maria de Salvitale) qui avaient été capturés alors qu'ils acheminaient leur marchandises, et qu'on avait attaché nus et dépouillés de leur coules (cuculae).


Onfroi engagea le combat avec ses hommes et mirent les couteliers (cotheralii) en fuite.
Il délivra les moines et leur servit d'escorte (comitatus) jusqu'à leur retour sans rien leur demander en échange si ce n'est de prier pour lui. L'affaire se sut, et lorsque Renier accéda au dominium de la châtellenie de Cachepur, celui ci voulu faire preuve de prodigalité en récompensant un geste aussi désintéressé.

Onfroi reçu le cingulum militia des equites (caballarii), et les éperons (sperona). Renier l'affecta alors à Combabreuilh avec les quelques autres milites qu'il imposa à son cousin Ernauton pour l'honor de la foresta. Désormais cabalarius, Onfroi disposa d'une petite rente (beneficium) baillée par le jeune châtelain (castlan) forestier, ce qui lui permit d'avoir un certain niveau de vie ainsi que d'acheter et d'entretenir son équipement.
Ernauton le chargea particulièrement de tenir le sud du domaine vers la pêcherie.
C'est alors qu'il patrouillait à la frontière qu'il se heurta à une razzia menée par les vassaux (homines) du seigneur de Castelpeyrre venant en découdre pour venger l'honneur d'une dauna de chez eux. Onfoi et ses servientes ne purent résister bien longtemps, et le cavaler revint défait, seul et blessé prévenir les siens.
Est-ce à cause du sang qui maculait sa tunique (tunica), ou de la couleur de ses cheveux, mais à ce jour, le surnom de rouge (rufus) lui resta.

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