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LUC,
SEHNOR de LA LANDE

Optimes
corteis,
trobador
.

En Luc (Lucas) est le fils cadet d'un ancien lignage (linhage, genus) d'optimates dont le domaine, composé d'alleux (alaudia), s'était retrouvé très tôt lié à celui de Cachepur. Subissant naturellement diverses pressions, ils s'étaient dessaisit (guerpivit) d'une partie de leurs terres et s'étaient ainsi trouvés incorporés à la familia de leurs voisins moyennant certains arrangements (convenientiae). Les aïeux (atavi) de Luc avaient conservé leur château (castellum) de la Lande (la landa) ainsi que de nombreuses vignes (vineae) tout autour. Une grande partie de leur terres arables (terrae arabiles) parmi les plus proches avaient été vendues aux seigneurs de Cachepur ou échangées de force contre des terres incultes (terra inculta), décalant de ce fait quelque peu les limites du fief (fevum). Se retrouvant à la tête d'une seigneurie foncière devenue vassale de Cachepur, ils avaient conservé la plupart de leurs prérogatives sur les coutumes (consuetudines) de leur domaine, mais avaient du céder la haute justice (causae majores) ainsi que le ban (bannus).
Très rapidement, le pays (pagus) de la Lande (la Landa) sortit des zones stratégiques de première ampleur et les frontières du fief (fevum) devinrent relativement sûres.
Le père de Luc qui n'eut bientôt plus à redouter ses voisins, se remit à diriger ses affaires comme ses parents autrefois, se réservant les questions politiques en assurant personnellement le consilium qu'il devait à son seigneur, mais se contentant d'envoyer son sénéchal (dapifer) pour commander directement aux primi milites et s'assurer de tout ce qui concernait le servitium militare dû pour l'auxilium.


Devant recevoir un jour en frairage (paragium) le fief (fevum) familial à part égale, Luc et son frère furent envoyés chez le seigneur de Cachepur (sehnor de Cachepur).
En tant qu'héritiers (amparatores) et successeurs (successores) désignés d'un de ses principaux vassaux (vassalus), le père de Renier les accueilli et leur fit prodiguer une éducation convenable avec les quelques autres juvenes dont il avait accepté la charge.
Luc, reçut donc l'enseignement dévolu aux jeunes proceres, mais il se détourna rapidement de l'enseignement militaire, préférant abandonner cette voie à son frère. Étant de ces nobiles qui délaissaient les jeux guerriers pour leur préférer les déduits courtois, il s'adonna avec d'autres damoiseaux à des joutes poétiques jugées par lui plus convenables que les joutes plus martiales des milites. Il profita de son séjour à Cachepur pour développer son aptitude au trobar et à la fin'amor. Il en fréquenta les principaux acteurs et excella avec des instruments, et s'essaya même aux sirventes.
Il bénéficia pour cela de l'accession de Renier à la tête de la châtellenie de Cachepur, ce dernier affichant un désir affirmé de suivre la mode alors en vogue à la cour d'Aquitaine et dans de nombreuses grandes seigneuries renommées pour leur raffinement.
Une fois ceint du baudrier (cingulum militia) signifiant sa nouvelle qualité, le frère de Luc retourna à La Lande sur la demande de leur père et ce fut Luc, en sa qualité de futur coseigneur (vicedominus), qui demeura en otage libre (hostagium librum) à Cachepur.


Des deux, en Renier aurait bien souhaité retenir le caballarius banerius en garantie de fidélité et laisser partir le donzelet, préférant, quitte à choisir, avoir pour vassal (fidelis) un corteis le moment venu plutôt qu'un juvenis alors aguerri qui se laisserait moins facilement mener...
Mais son vassal se faisant insistant, le seigneur de Cachepur préféra lâcher prise pour s'assurer la paix sur cette frontière, tout en sachant que cette disposition laissait totalement le champ libre au frère.

Renier laissa donc le troubadour (trobador) distraire les dames (daumnae) de sa cour, mais conserva une attention particulière sur les affaires de la Lande...



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