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Rusticus, lides (legius
questus), cliens.
Gaston (Gastos,
Gasto) est le fils d'un serf (pagesius, servus, homo
proprio, homo consuetudinarius, ancilla, ) et d'une mère
libre (femena naturalis) vivant sur un apendaria
d'une borde (bordaria) en Gascogne (Vasconie, Guascona,
Gaschonia). Cette tenure dépendait d'une petite
seigneurie du sud est de Cachepur tenue en franc fief
(francum feodum) par un ric'hom du toulousain
jusqu'au jour où ce dernier donna cette châtellenie
(castellania) en dot à sa fille pour son mariage
avec Renier, le seigneur des terres voisines.
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Les naturels (homes naturals) virent
d'un mauvais oeil cette nouvelle dépendance car ils
détestaient les changements de maître et redoutaient
par dessus tout les mauvaises coutumes (malas
consuetudines...) qu'on ne manquerait pas de leur imposer, en
plus de l'exporle que leur nouveau seigneur allait leur
faire quester par ses voyers (vierii).
Or Renier
laissa le fief (fiù)en douaire (doaire,
dotarium) à sa femme. Il lui en laissa la gestion et
les bénéfices (benefizi) des coutumes
(consuetudines), ne se déclarant lui même que
tuteur (balium) de cette terre. En revanche, pour fêter
son mariage comme il se devait, il entreprit, avec le
consentement de Judith, de faire largesse et d'affranchir
quelques uns des serfs (rustici, , servi, questi) parmi
les plus méritants. Il ordonna ensuite que ces nouveaux
lides (legii) reçoivent chacun un
arbergamentum en censive pour manse lidile (tenent
mansum lidilem) à proximité d'un de ses
châteaux (castelli), afin de les inciter à
s'installer dans un des nouveaux villages (vici) bâtis
sur des essarts (essarti, exartos) qu'il voulait
voir se peupler.
Gaston quitta alors volontier la
borderie où il vivait jusque là et devint tenancier
censitaire à Saint Méard de Combabreuilh (Sent
Meard de Combabreuihl), village dirigé par un bayle
(bailles, bajulus, judex) dénommé Richart le
Maupenchenat. Les allègements des redevances
(redibitiones) concédés pour sa nouvelle
tenure (tenementum) lui permirent de ne payer qu'un cens
(census) annuel de quatre deniers (.IIII. denarii)
ainsi que deux poules (.II. galinae), un agrier (agrerium)
du dixième de la part de fruits et bien sûr la dîme
(deima). S'il continuait à devoir s'acquiter de
certaines autres redevances à son nouveau seigneur, comme
un ortatge (ortatge, ortaligium) de deux deniers en
légumes, ou un champart (tasca) du dixième
de l'avoine (avena) et des noix (nuces) récoltées,
il n'était plus tenu de corps, ce qui le libérait
tout de même du formariage, de la mainmorte
et du chevage. Par contre, au titre de la taille
(taillia), il dut régulièrement participer
aux corvées (corveiae) d'entretien de la palissade
(vallum) de la tour (turis).
Prévoyant des attaques prochaines de la part
des Castelpeyrre ses ennemis, le seigneur de Cachepur ordonna à
Ernauton, son cousin, alors châtelain de Combabreuilh
(castlan de Combabreuilh), d'augmenter les effectifs de sa
garnison (exercitus) en imposant des corvées
supplémentaires à ses hommes (homines),
qu'ils soient serfs (rustici) ou libres (homines
franci). Gaston fut choisi et dut s'acquitter d'un service
militaire (militare servitium) de vingt jours en
discontinu entre la Saint Jean et la Saint Michel. Bien que cette
corvée n'était applicable qu'à la garde
(custodia) de la tour (turis) et aux environs
immédiats du village (vicus), elle le libéra
d'une bonne part des longs travaux des champs de la pleine
saison. Désoeuvré durant le guet, il s'adonna
au jeu et à la boisson. C'est à cette période
que ses compagnons le surnommèrent Lou Bounbever,
le bon buveur...
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