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CLARIN, DE BRETAIGNE

Villanus,
goliardis,
jocularis.


Second fils d'un vilain (vilanus) libre, Clarin (Clarinus) est originaire d'un village (vicus) proche d'une châtellenie des marches de Bretagne .
Son père, alors au service du meunier (molendinarius, farinarius), destinait son premier fils à le succéder dans son travail au moulin (molendinus), alors que Clarin était voué à travailler dans une borderie (bordaria) proche pour vivre.
Le meunier avait en tenure (tenementum) le moulin banal, et à ce titre, il n'était pas redevable des mêmes coutumes (consuetudines) que celle normalement exigées des autres vilains (villani). Par ailleurs, sa famille (parentella) servait les seigneurs (domini) du lieu depuis longtemps et il avait obtenu pour lui et ses serviteurs (sirvientes) des avantages non négligeables. C'est pourquoi outre un terrage (terragium) rabaissé au douzième, le père de Clarin avait fini par recevoir une petite rente (beneficium) qui lui avait permis d'envisager à l'un de ses enfants de devenir clerc (clericus).
Son frère aîné devant donc prendre la suite au moulin, Clarin fut choisi pour recevoir la tonsure et les ordres mineurs. Il devint donc escolier, en parcourant les routes de Bretagne et de Poitou pour rejoindre les maîtres (magistri) les plus prestigieux suivre leurs enseignements dans leur universités. C'est ainsi qu'il arriva en la ville de Poitiers avec l'intention d'y demeurer quelques temps.

Mais cette trop grande ville lui chavira les sens et bientôt, il se détourna de ses études pour rejoindre d'autres acolytes et s'adonner au jeu. Il devint goliard (goliardis, gailliard) en s'associant avec d'autres clercs dépravés pour écrire des satyres sur l'Eglise...

C'est dans les rues de la ville qu'il rencontra des amuseurs et surtout, des jongleurs (joculares, joglars) aussi pauvres qu'il était devenu. Ayant fini par se faire chasser de la ville, il en profita pour abandonner complètement ses études au profit d'une vie d'aventure, oublia de se tondre et finit par se faire jongleur (jocularis, joglar) lui même. Lettré ayant appris le latin et le lemouzi, il entreprit alors de s'essayer lui même au trobar en vivant de ses textes et de ses cansos.

Il parcourut alors les terres d'Aquitaine, de Toulouse et du Midi et perfectionna son art, parfois seul, parfois s'associant avec d'autres compagnons de fortune avant de poursuivre seul son chemin au hasard d'un canso...

Ses pas le conduisirent un jour au portes du petit château (castellum) veillant sur la Lande lès Broues (Landa proxima broatgae) où il chanta pour la dame (dauna) qui y demeurait. Celle-ci apprécia sa compagnie mais son rang ne lui permettait pas de s'abaisser à répondre ouvertement, aussi le lui fit comprendre. Alors Clarin s'en revint-il souvent en ce lieu et finit par s'éprendre de cette châtelaine inaccessible, souffrant son tourment au travers de ses poèmes...

Alors qu'il tentait de gagner son pain, il rencontra quelque part en Gascogne (Wasconia) une bande (benda) de stipendiaire (stipendiarii) composant une route (rota) qui sévissait dans la région. Seul sur les chemins, Clarin avait été souvent pris à parti et s'était fait dérober ses maigres deniers, aussi décida-t-il de suivre cette troupe hétéroclite, semblant être à leur heures cotteraux (cotharelli) et jongleurs tour à tour, et de participer à leur commerce...
Conscients de l'accueil favorable que pourraient lui réserver les barons (barones) et leur proceres devant ses talents de musicien, les routiers (bosclos) l'accueillirent alors volontiers en leur compagnie.
Clarin suivit ses nouveaux amis, et s'attacha gagner quelques deniers (denarii) et oboles (obolas) en jouant tantôt des airs de muse à quelque optimates les accueillant, tantôt du couteau emporté dans quelque sombre aventure.
Ayant appris que la dauna de la Lande lès Broues demeurait désormais en pays Cachepur, il faussa compagnie à ses nouveaux compagnons afin de rejoindre sa dauna. Il entreprit alors de distraire En Renier et ses optimates, et tenta tant bien que mal de vivre de leur largesse, parcourant le pays (pagus) et revenant sans cesse auprès de sa dauna.



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