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Genera nobilis, Donzella.
Fille
d'un des prévôts (praepositus) dépendant
de l'Abbaye de Notre Dame de Saintes (Beata Maria
Xanctonensis), Béatrix (Beatrix) est la soeur
cadette de Mélissande (Milesendis). Son père
l'ayant promise en mariage au premier fils d'un châtelain
(castellanus, castlan) voisin, afin de constituer un
arrangement (conventum) mutuellement avantageux pour leur
fief (fevum, fiscus) respectif, elle fut vouée dès
son jeune âge à vivre à la tête d'une
petite seigneurie (seignioria) quelque part en Haute
Saintonge. Or, Béatrix préférait à ce
miles castri bien plus âgé qu'on lui
imposait, un jeune voyer (vierius) de son père qui
passait souvent la voir en secret.
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Lorsqu'il cessa brusquement de paraître, elle
interrogea un des sirviens sur ce qui lui était
advenu, pour apprendre que le jeune homme avait succombé à
ses blessures en aidant à forcer un roussin (sus
scrofa) lors d'une chasse dans un bois (boscus) non
loin. Accident ou hasard heureux pour les plans familiaux... elle
ne le sut jamais mais de chagrin, elle exprima le voeux de se
retirer du monde et bien que encore enfant lorsqu'elle fit ce
choix, elle fut accueilli de bonne grâce par la Dame (Domna
abbatissa) qui la connaissait. Ses parents (parentela),
alors clientes de l'abbaye (abbatia), ne purent
aller contre cette pieuse décision qui les honorait, mais
en même temps ruinait leurs projets. Elle entra au cloître
et reçut donc son éducation au couvent avec les
novices (scolarissae) chez les Dames (Domnae) de
l'Abbaye à Saintes. Bien que fille de proceres,
elle fut affectée par la cellérière
(cellerissa) à diverses tâches quotidiennes.
Les années passèrent, et pour d'autres
raisons, ses parents se retirèrent du siècle à
leur tour. Son frère hérita du fief (fevum)
du Mas d'Arnoult (Mansus arnulfi), et racheta pour lui la
charge de prévôt (prepositus) délaissée
par son père. L'abbesse (abbatissa) manda Béatrix
et lui apprit que alors l'ancien arrangement de mariage devenait
caduque, faute de promis... ce dernier s'étant donné
au Temple (militia Templi) pour partir quelque part en
Terre Sainte. N'étant plus tenue par quelque promesse que
ce soit, elle demanda alors la permission de revenir sur sa
décision de prononcer ses voeux définitifs pour
partir rejoindre sa soeur aînée en Périgord
(Periguors). L'abbesse accepta de la libérer et
Béatrix quitta la Saintonge pour Hauterive où elle
séjourna un temps chez sa soeur, avant de se rendre au
château de Cachepur où na Judith lui confia
sa cameraria et fit d'elle une de ses dames de parage.
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