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Villanus, pescator.
Abélard
(Abelardus) est le fils d'un roturier libre (homo
ligium, homo francum), journalier (homo acasalad)
vivant comme tailleur de vigne (podador) dans quelques
bordes (borderias) de Gascogne (Wasconia).
Son surnom de bâtard (bastardus, spurius) provient
non pas d'un doute sur sa naissance, mais de ce que son père
n'épousa sa mère... qu'après sa naissance.
Souhaitant échapper à son sort, il parcouru
insouciant les chemins comme journalier lui-même. Il finit
par s'égarer dans les immenses forêts et c'est
affamé et pauvre comme Job qu'il arriva à
Combabreuilh (Comba brolium), en bordure des seigneuries
de Cachepur et de Castelpeyrre. Là, il fut accueilli par
des pêcheurs (pescatores) établis en bord de
rivière qui l'hébergèrent contre le travail
qu'il fournirait.
La pêcherie (piscatoria)
était morcelée en tenures (tenementa) liées
par contrat (conventum, convenientia) au châtelain
(castlan) local. Les coutumes (exactiones) qui s'y
appliquaient avaient été allégées au
douzième afin de favoriser la colonisation de cette zone
encore sauvage (terra inculta).
La vie par ici lui
plût. Lorsque le dîmier de Combabreuihl et nuntius
de la vicaria de son châtelain, fit sa ronde,
Abélard se présenta volontairement à lui et
confirma son choix de devenir homme d'Ernauton (fecit
se hominem de corpore et casalagio domni Ernautonis), contre
le bon usage et au détriment des prérogatives de
Renier.
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En retour, il reçut en tenure une part de
pêche dont il devrait saler et apporter le quart (quartus)
pour la réserve. Le châtelain de Combabreuihl lui
imposa pour corvée (corveia) de se rendre au
château (castellio) trois fois l'an, à la
Saint Michel, la Noël et la Chandeleur, afin d'en curer les
fossés et d'y apporter trois rondins afin d'en consolider
la palissade. Il ajouta en outre un service (servitium) de
guet de trois jours à effectuer chaque début de
saison sous les ordres de Richard, le bayle (bajulus,
bailles) du village (vicus) voisin.
Par
ailleurs, l'endroit jouxtait un moulin (molendinarius,
farinarius) dépendant de la châtellenie voisine,
le bénéfice (fieù) en ayant été
cédée par un accord (conventum) particulier
à un miles ruiné qui s'était fait
meunier (molendinus) par la force des choses. Ses abords
étaient entourés de quelques manses (mansus,
casamentum) baillés à cens (census) qui
semblaient en tout cas échapper au dictrictio des
prévôts (praepositi) seigneuriaux.
Abélard
se présenta au moulin et se fit donc également
homme (homo proprius) du maître des lieux pour un
tenement (tenementum) baillé contre un cens de deux
deniers (censu de .II. denarii) et un agrier (agrierium)
du quart (quartum) de la part de tous les fruits. On lui
imposa en outre d'effectuer de menus travaux un jour chaque mois
et si de mauvaise fortune un danger venait à menacer, il
devrait également accourir au moulin avec un bâton
de bonne taille afin d'en assurer la défense.
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Abélard devint pêcheur (piscator)
et sut tirer avantage de sa double appartenance, ayant conservé
son instinct de paysan (pagesius, rusticus) qui lui
commandait de fuir comme la peste la compagnie des gens de guerre
(bellatores) et leur intrigues.
Aussi ne
chercha-t-il pas à entrer dans la serjanteria du
seigneur de Combabreuilh et s'attacha à bien vite
retourner relever ses filets et ses nasses (nassas) au
milieu de la rivière depuis sa barque, sitôt les
corvées (corveia) de son service effectuées.
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