L'Ost de Montjoie
Armure lamellaire


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Reconstruction d'une armure lamellaire, de style Mozarab ou Siculo-Normand.
Cette protection est à rapprocher de certaines armures lamellaires portées par les milites occidentaux au contact des soldats Sarazins (Sicile), Byzantins, Maures (Espagne) de même qu'au Levant lors de la première Croisade.
Bien que tout à fait portable telle quelle, j'ai donc réalisé cette protection avec deux contraintes:
- pouvoir la porter par dessus mon haubert, à l'instar de certains milites en contact avec le monde musulman.
- pouvoir bien évidement monter en selle avec.


 

Psautier de la Reine Mélissande, début XIIème, Etats Latins CroisésPièces d'échec, Sicile, fin XIème.




Sans réel plans ni patrons, le cheminement de construction fut hasardeux...
Je me suis néanmoins fortement inspiré des conseils disponibles sur le site Levantia de Timothy Dawson.
Le matériaux employé:
- des lamelles en acier de 85mm X 30mm, percées de 12 trous et convexes sur la longueur. Ces dimentions ont été prises en fonction des tailles des lamelles ayant été publiées, suivant le rendu final voulu, et ma taille afin de tomber juste. Attention à ne pas surblinder. Un acier de 1mm est nettement suffisant pour protéger par dessus un haubert de maille.

- du cuir collet végétal, 3mm, naturel, ou j'ai découpé des lacéts de 3mm de diàmètre. Naviguant à vue, j'ai pas mal gaspillé à ce niveau.
- du cuir collet mais en 1mm pour le festonnage.

- des pinces
- du matériel de bourellerie
- une cisaille à métal pour réctifier et ajuster certaines lamelles
- du café en pagaille.

Voici la fabrication de ma lamellaire étape par étape...
Etape 1


Faire une première bande en chevauchant les lamelles entre elles depuis une lamelle centrale.
Plusieurs laçages sont possibles. En voici deux exemples.

Point particulier: A ce stage, on ne sait pas exactement combien précisément il faudra de lamelle par demi tour de thorax.

Etape 2

Relier les rangées de lamelles entre elles.
C'est un peut plus simple de savoir combien de rangée il faudra (un peu..)

Le système de jointure est simple. Chaque rangée de lamelle étant directement attachées par dessus le suivante sans bande de cuire entre (le principe existe aussi, notament sur la lamellaire de PerBraz, de 1186-583).
On gardera à l'idée que la disposition est faire pour des cavaliers, c'est à dire, que les lamelles se chevauchent de façon inversée, arrondi vers le haut.

 
Etape 3


Refaire la même chose pour l'autre face.
Point particulier: L'arrière est plus haut que l'avant d'une rangée de lamelles...
On serait tenté de "monter" l'avant assez haut, mais il ne faut pas. En effet, il serait déplaisant mordre le haut des lamelles pectorales en baissant le menton. de plus, rappelons qu'on est en principe en haubert dessous.

Ensuite, on peut déjà ajuster, en reliant les deux parties par deux bretelle provisoires en cuir puis serrant l'ensemble au moyen d'une ceinture.
Surprise!!
On s'aperçoit qu'on a vu trop grand et qu'il faut redéfaire 2 ou 3 lamelles de chaque côté (il est normal qu'il y ait un chevauchent sur les côtés)
Puis, on pose les sangles de fermeture.

note:

J'ai voulu dans un premier temps réaliser une lamellaire fermée dans le dos.
Seul pour le faire, c'était impossible à ajuster correctement.
J'ai donc redéfait l'ensemble pour en refaire une, fermée latéralement.
Les protections de cuisse seront donc amovibles et rattachées au devant du plastron.


L'avant...

L'arrière...
Etape 4


Le festonnage.
C'est la partie la plus "galère" à réaliser...
Il n'est pas obligatoire, mais tous on a trouvé que cela faisait plus fini...
De plus, cela permet de ne pas se trouver avec des bords aigüs ou coupants.

Le plus dur est de se faire un premier gabarit en cuir pour savoir ou faire les trous...
D'autant qu'il m'en fallait un pour le bas, un autre pour l ehaut, et un pour les côtés...
Ensuite, ces 3 gabarits faits, cela collait bien...


 
Etape 5


Les épaulière et les bras.

J'ai réalisé chaque élément épaulière-bras comme deux ensembles cohérents.
Contrairement au torse, les rangées composant les épaules ne sont pas atachées entre elles. C'est une bande de cuir qui sert d'ossature. On y gagne en souplesse.
Contrairement au modèle que possède PerBraz de 1186-583, les lamelles des épaules sont ici positionnées côté arrondi vers le haut, et se chevauchent de façon inversées (tout comme le torse d'ailleurs).
Pour les bretelles d'épaule, il se posait un soucis.
Une première ébauche avait conduit à la fixation des lamelles à sa base de cuir de bout en bout, le tout étant attaché aux extrémités au torse...
Or, ce système était trop rigide, et peu pratique pour se mouvoir (les bretelles en acier appuyant juste sur la tête des clavicules, un réel bonheur...).
J'ai donc adopté des bretelles en lamelles attachées partiellement sur la longuer à des bretelles en cuir sous jacentes. Résultat: Une mobilité et un confort accrus.


Ensuite, le bas des bras à été festonné.
Il s'est posé la question du festonnage des bretelles.
Des essais de mouvements m'on montré que sans ce festonnage, les lamelles du haut des bras rentraient entre celles perpendiculaires des bretelles.
J'ai donc festonné.

Etape 6

Le rattachement de l'ensemble épaule-bras au torse.

En fait, tout le poids est porté par le torse, agissant comme un corset.
De ce fait, les bretelles sont très peu sollicitées un simple lacet de cuir entre la bretelle de cuir et les lemelles du haut suffit.

Etape 7

Pour un meilleur rendu, j'ai voulu faire des "braconnières". Il a donc fallu faire des essais afin de calculer le bon équilibre entre protection et mobilité des jambes (empêchée par des braconnières trop larges).
Mon personnage étant censé être à cheval, il me fallait aussi pouvoir monter en selle.
Les essais ont donc conduit à des braconnières montées et festonnées comme le torse, mais avec une bande de cuir courant sur la face interne et dépassant en haut afin de servir d'attache.
Là encore, la juste position afin que les braconnières "tombent" bien et ne basculent ni en avant ni en arrière ne fut pas évident à trouver.

Elles sont amovibles en fonction des besoins.

 
Etape 8

Enfin, on termine par le festonnage du torse (haut, bas, côté).
Afin d'éviter que les noeuds du laçage de cuir se défassent au contact des mailles du haubert, je pense doubler de lin ou de bazane les différentes parties de l'armure.
Lorsqu'on la porte telle quelle (par dessus un gambison sinon les noeuds de cuir à l'intérieur vous rappeleront à leur bon souvenir), on ne sent... rien.
La gestuelle pour le combat est intacte, du moins par rapport à celle permise habituellement par le haubert.


Voici l'armure quasiment terminée portée par Enguerrand, évoquant un miles occidental ayant été en contact avec des Sarrazins ou même des Maures.

Itier lo Teignou

Etape 9
J'ai ensuite "vieilli" ma lamellaire afin du lui donner un aspect moins clinquant. Non pas pour tomber dans le panneau de penser qu'au XII°, tout était vieux...mais seulement pour finaliser un aspect général correspondant à celui d'un caballarius ayant pas mal chevauché...

J'ai donc fait subir à l'armure un tamponnage d'acide suivi d'un bain de coca (et oui...).
Le cuir, goudronné par le coca, a du être reteinté en rouge.
Voici le résultat...

Autre forme de réalisation
Le cuir étant une alternative assez fréquente pour les lamellaires d'origine Sarazines, Tancrède en a réalisé une en cuir durci.
Destinée à être portée également par dessus un haubert de maille, il apeint les rangées de façon alternée.
L'intérieur est doublé de feutre.


Ci dessous: Interprétation d'un costume siculo-normand c.1170





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